‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 104 sur 345 · Juv., VII, 82 sqq · texte numérisé non relu

Juv., VII, 82 sqq

\\. Il était mémo plus anrien que le siècle d'Aui,MJsto. Voy., dans la VUa de Térence, les amères rcllexions d'un ancien poêle : « Silnl }n-nf'nit, etc. '>

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déjà le père d'Ovide, en \rai Uomaiii positif, disait à son iils, ponr combattre une vocation naissante : a Vois, malheureux î Homère lui-même est mort dans rindigence! tu veux donc entrer dans une carrière de gueux M » Martial redit sur tous les tons que la littératiuv est le dernier des gagne-petit, qu'on reconnaît à première vue un poète à sa mine piteuse et à son manteau trop court. Un corroyeur enrichi, un nndetier, un fonlon, se pavanent sous leur pourpre, tandis (jue le poète se morlond sous stui capuchon gris. Le Parnasse n'a que ses sources, les lyres de ses déesses, des guirlandes éphémères pour notre front, et des applaudissements qui ne donnent pas du pain. Pauvre poète! tu arrives à Rome, du fond de ta province, plein de candeur, d'espérances et d'illusions : « Je ferai des vers, dis-tu, on les lira, et on dira qu'ils sont dignes de Virgile.

Insensé ! ceux que tu vois là, pales sous leurs haillons,

ce sont nos Ovides et nos Virgiles! — Mais je fréquenterai les grands. — Oui, j'en vois jusqu'à trois ou quatre, ni plus ni moins, à qui ce moyen a donné du pain î Le reste est exténué, et crève de misère'. » Juvénal reprend le même sujet avec sa fougue ordinaire, (!t en fait une déclamation en forme, où il prouve par raisons démonstratives qu'Apollon est un pauvre sire, et que son llélicon est un pitoyable séjour ^

H serait inutile de perdre son temps à réfuter cette exagération. Cependant, bon gré malgré, il faut bien reconnaître que plusieurs poète> «»nl du positi\ement compter pour vivre sur la libéralité de leurs patrons; l'exemple au moins de Martial ne permet pas d'eu douter, bien qu'il ait lui-même poussé au noir le talileau de sa misère.

Une raison plus générale peut-être a jeté les poètes dans la clientèle de la noblesse. On sait qu'ils ont absolument besoin de bruit, de vogue, de couroimes, d'applaudissements.

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