‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 105 sur 345 · Tris/., i\. K · texte numérisé non relu

Tris/., i\. K

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A Jlome, moins encore qu'ailleurs, ce n'est pas le travail lier et solitaire qui pouvait leur procurer des succès éclatants. Pour obtenir l'oreille et l'attention du public, il fallait des intrigues avec ceux qui donnent la renommée, des amis inlluents pour prôner leurs vers. Un poète qui n'aurait pas fréquenté cette société de mondains élégants, où s'élaborait toute gloire littéraire, serait l'esté à peu près inconnu. Le caractère même des poètes, leur indolente insouciance, l'habitude où ils étaient de vivre dans un monde facile et, désoeuvré, cette extrême vanité qui les rendait sensibles à Tavantage de paraître chez de grands personnages, tout les préparait à porter le joug de cette dépendance légèrement, et en quelque sorte sans y penser.

Le régime du patronage a donc été, pour les poètes de l'époque impériale, comme pour ceux delà République, un fait à peu près constant, accepté presque toujours sans discussion et sans révolte. Mais il reste à savoir de quelle façon les poètes se sont comportés dans ce diflicile commerce avec les grands.

Horace avait laissé à ses confrères de l'avenir de bons conseils sur ce point délicat : ce sont deux consultations en règle sur la manière dont il faut en user avec les puissants ' . Rien de mesuré comme ce petit « traité des convenances », à l'usage des hommes de lettres. Les jeunes gens, avec la naïveté de h^ur inexpérience, s'imaginent que tout est facile et délicieux dans c(^s rapports avec les grandeurs de la terre ; mais les vieux pilotes redoutent ces pass<\s dangereuses et pertides. La tlatterie même et l'enjoué ^^ ment ont quelquefois leur péril : à certains jours, le patron ne veut pas être loué, ou ne peut souffrir qu'on ne soit pas triste autour de lui. Il faut compter avec tous ses caprices de tyran. D'ailleurs, que de précautions à prendre pour ne pas compromettre notre crédit par des remarques indiscrètes, un air de basse curiosité, des soUi-

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