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cUiitions piviiialLirt't'S, iinportimos, iourdcnicnt prrsciitrcsî Si on veut i;ar(l(^r son indépendance d'hoinnMe lioinnic, il y a d'antres préeantions à prendre. Il tant avant tont se i^arder de descendre an rôle de ces parasites flai^ornenrs, méprisables valets qui tremblent au moindre signe de leur patron, et ramassent comme des perles les paroles les plus vnli^aires tombées de sa bouche. D'antres, an contraire, sont tonj(u;rs sur le qui-vive de leur dignité : ils se hérissent dans leur liberté, alléctent de se présenter dans un costume négligé, font des scènes au maître de la maison, querellent sur des riens. On les emmène à Sorrente ; ils se plaignent grossièrement de la pluie, du tVoid, des cahots de la route, des petits accidents du voyage. La moindre contradiction les irrite; ils prétendent quV>n insulti^ à leur pauvreté, mais ({u'ils entendent bien garder la rranchise de leur langage; or il s'agissait de savoir si, pour aller à Hrindes, il valait mieux prendre par la voie de Minucius, ou par celle d'Appius ; voiKà le beau sujet sur lequ«'l ils se sont échaulles. La vraie indépendance est moins sauvage et moins théâtrale. Klle ne fait Jamais de con- (•(îssions ignominieuses, mais rlN' lait toutes celles où riiormnir fj'est pas ejigagé ; elle plie doucement, discrètement, là ou on peut honnêtement plier; elle s'acconnn(»d(; aux goûts et même aux fantaisies du patron. Knlin elle sait si habilement se gouverner, qu'elle semble toujours conciliante et d(»cile, bien qu'elle n'accepte Jamais un compromis humiliant.
Horace abonde ici, un peu plus sans doute qu'il ne conviendrait, dans sa complaisance ordinaire. Cet art de céder sans scandale, et sans concessions trop fâcheuses, n'est pas tout à fait notre idéal; nous voudriims un p<Hi plus de fierté. (>3pendant, à tout prendre, c'est encore une heureuse application du nr qnid nimls auv rapports des gens de lettres avec leurs protecttuu's. Si les poètes de l'i^npin^ ont suivi ces règles, tracées par l'homme qui avait pratiqué, avec une « virtuosité » suprême, l'art de vivre avec
les grands, nous ne chicanerons pas sur les points de détail.
Mais se sont-ils en efl'et bornés à cette déférence facile, à ces accommodements exigés par Horace de ceux qui ont l'honneur de fréquenter les nobles maisons? D'Ovide à Claudien et à Vénantius Fortunatus, la llatterie est trop souvent pesante, la louange pénible, la reconnaissance impertinente et basse. Telle est l'impression très vive qui reste d'une vue d'ensemble.
Cependant, il y a des exemples de dignité et de caractère ; on peut même voir de temps en temps les plus humbles se redresser, et déclarer fièrement à leurs patrons qu'ils ne supporteront pas leur mépris *. D'ailleurs, il ne faudrait pas ici se laisser prendre à une phraséologie toute conventionnelle. La politesse avait ses banalités dans l'antiquité comme chez nous ; il y a des formules excessives qui ne doivent pas être prises à la lettre, et qui n'engagent pas les vrais sentiments de l'écrivain. C'est une monnaie d'appoint dont personne ne pense à vérifier le titre ; là où nous croyons lire une bassesse, le poète n'avait cru mettre qu'un compliment respectueux. Mais enfui, il faut bien, malgré tout, en rev(!nir à notre première ccniclusion ; même après avcûr retranché ces phrases cérémonieuses, qui n'ont guère plus de conséquence que nos «très humble serviteur ^), il reste encore assez de choses affligeantes pour nous obliger à dire que les poètes de l'empire, en général, ont manqué de dignité dans leurs rapports avec la noblesse.
Plus encore qu'aucun autre, Martial a prodigué, sous toutes les formes possibles, la servilité la plus obséquieuse ; c'est donc chez lui qu'il faut étudier dans le détail cet aspect assez triste de la vie httéraire à Rome. Aussitôt qu'il est question d'un écrivain à genoux devant ses maîtres, on pense tout de suite à Martial ; il est devenu l'exemplaire classique du poète rampant-. Ce malheureux tient dans la