‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 108 sur 345 · I:T LIUHS l'IlUTHeïKUHS A HUME · texte numérisé non relu

I:T LIUHS l'IlUTHeïKUHS A HUME

résume cette longue existence mêlée de peines et de joies, il avoue qu'on trouverait dans sa vie « plus de pierres blanches que de noires * » .

Martial a donc été moins maltraité qu'il ne dit. Alors, commentexpliquercesrécriminationssanslin?Nous le répétons, par la manie d'exagération qui était alors à la mode. Martial fut d'ailleurs un grand enfant sans conséquence, peu soucieux de sa bonne renonnnée. Il n'a pas assez rélléchi à la portée de son langage, et s'est déshonoré devant l'histoire, pour prendre une attitude de victime. Dans ses compromettantes révélations sur son existence équivoque, il faut chercher, je crois, une fanfaronnade d'un genre particulier, que nous ne pouvons guère comprendre aujourd'hui. Martial a cru qu'il serait piquant et original de prendre, en face du public, ce rôle de laquais misérable et mécontent. C'était d'ailleurs une riche matière à épigrammes contre cette aristocratie qu'on accusait d'avilir les poètes, et de les laisser mourir de faim ; il a donc mis le même soin à enfler le compte de ses déboires, que d'autres en auraient mis à les taire.

Mais, ces réserves faites, et ces explications données, reconnaissons qu'il reste encore assez de pièces accablantes dans le dossier de Martial, pour motiver l'arrêt le plus sévère. Ces réserves même, après tout, sont déjà peu honorables pour lui : car enfin, il faut avoir perdu le sentiment de sa dignité pour faire conlidence au public des avanies qu'on reçoit, et surtout pour en grossir le nombre. 11 y a des misères qu'im homme de cœur ne subit pas, et il y en a d'autres qu'il se garde bien de raconter. Martial subit tout, du moins à Tentendre, et il ne cache rieMi. Ce qui est pire encore, il semble quelquefois plaisanter sur sa condition précaire; le malheur n'est plus intéressant, si on ne sait pas le respecter : nous méprisons un homme qui fait des quolibets sur les trous de son manteau.

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