‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 109 sur 345 · Ml, ô'i · texte numérisé non relu

Ml, ô'i

Ce n'ost pas que Martial ne sache aussi de loin en loin s'indigner; il se fàehe tout de bon d'être traité par certains patrons comme un client du dernier ordre ^ mais il tolère pourtant cette situation. Il a bonne grâce vraiment à railler l'ardélion banal qui appartient à tout le monde % et ce pauvre Sélius, arpentant les rues en quête d'un souper M Où est à Rome la porte opulente à laquelle Martial n'ait adressé ses hommages? Pourquoi consent-il à suivre, les pieds dans la boue, la litière où s'étale Maximus^? Pourquoi vient-il chaque matin, confondu dans une foule ignoble, recevoir les dix sesterces qui sont le salaire journalier de son zèle''? Pourquoi accepte-t-il une place à ces repas honteux, où les inlimes clients essuient les insolences de la domesticité, où ils doivent se contenter d'un méchant vin de la Sabine, tandis que le maître boit le falerne opimi<n rafraîchi dans la neige ®? Qui l'obligeait à célébrer la chienne de son patron ' ? Oui, heureuse Issa, délices de Publius, Martial, chevalier romain, tribun honoraire, à qui tant d'étrangers doivent le droit de cité% ce fameux Martial qu'on montre au doigt dans les rues, en disant : a Le voilà" î », Martial a daigné faire ton panégyriquf!, et bientôt Vienne la (iauloise, et h;s cenlurions qui guerroient contre le (iète seront informés de tes mérites, o bienheureuse Issa, plus gentille que; le moineau de Lesbie !

S'est-il mis assez bas, ce pauvre Martial, devant tous ceux qui pouvaient lui envoyer une robe'"! A quelles complaisances n'a-t-il pas prostitué ce talent si fin, et ce vers si

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