‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 117 sur 345 · Si/f., IV, 9 : « lUsus saturnalilius · texte numérisé non relu

Si/f., IV, 9 : « lUsus saturnalilius

cette pauvre tête de poète, et il faut absolument renoncer à en faire un autre Martial.

Nous avons dit précédemment quelles marques de bienveillance les gens de lettres pouvaient espérer de leurs patrons. Comme toute relation est une espèce de contrat fondé sur un échange de services, il faut nous demander maintenant quel était l'apport des poètes^ dans ce commerce avec l'aristocratie de naissance ou d'argent.

Les grands, fort occupés sous l'empire, soit des fonctions publiques, soit de la gestion de leurs immenses domaines, passaient une partie de leur vie au milieu de subalternes grossiers. Avec quel plaisir ces hommes, en général cultivés, retrouvaient la conversation de leurs poètes! Les gens de lettres sont d'ordinaire gais compagnons et beaux causeurs ; leur vanité même prend des formes charmantes ; pour tout dire en un mot, ce sont des amuseurs délicieux. Cet emploi n'est pas très élevé, mais il paraît bien qu'il y a du plaisir à contribuer aux divertissements des puissants, puisque Molière était ravi de distraire le grand roi. liorace lui-même ne se faisait guère d'illusion sur le ministère qu'il remplissait auprès de Mécène, et il se fâcha presque, un jour qu'il avait vu trop clair dans le jeu de son puissant ami. Mais pour les Martials de l'empire, ils étaient évidemment tout liers d'amuser les loisirs de leurs patrons.

Cependant ce n'était pas là peut-être la fonction principale des poètes auprès des nobles ; avant tout, ils étaient les témoins authentiques de leur renommée, les historiographes des principaux événements de leur vie. A ce titre, ils pouvaient rendre des services sérieux, donner à leurs protecteurs la gloire dans le présent, l'immortalité dans l'avenir : a. Qui sait si les vers de Martial ne seront pas éternels *? » disait Pline, en lisant son nom dans une pièce louangeuse de Martial.

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