Ep., III, 21. Cf. Mart., x
<î>0 LES GENS DE LETTRES
Dans ces annales, écrites ou plutôt chantées par les poètes qui entouraient les grands, il faut d'abord inscrire au premier rang les trois principales époques de la \ie : la naissance, le mariage et la mort.
Chez les Romains, la naissance d'un enfant est accueillie par de grandes démonstrations de joie* ; la porte du logis se couronne de guirlandes, les amis et les clients s'empressent d'apporter leurs félicitations, tandis que des cérémonies mystiques, des purilications, des sacrifices, des vœux sans fin, préparent à ce petit être qui fait son entrée sur la terre de longs jours de prospérité". Naturellement, le poète reçu dans la maison prend sa part de la joie commune; quand Jules Ménécrate a ouvert s(»n foyer à un troisième enfant, Stace, h peine averti de la bonne nouvelle, accourt en brandissant une pièce de vers, et, gravement, il appelle sur ce berceau la protection des divinités nationales"'.
Mais ce n'est pas tout : quand cet enfant aura grandi, et qu'à son tour il sera chef de maison, l'anniversaire de sa naissance reviendra comme une solennité joyeuse; ce sera la grande fête domestique. Le matin il viendra, paré d'une toge blanche, offrira son bon génie des gâteaux, des rayons de miel, des libations* ; mais un usage touchant défend de verser le sang d'une victime, car il n'est pas permis de tuer une créature animée, le jour où on a reçu la vie de la bonté des dieux''. Pendant ce temps, la maison commence à se remplir de bruit et de mouvement. Les visites affluent; les amis sincères, les officieux, les intéressés, se heurtent dans les galeries ; la journée se passe à recevoir des félicitations, des souhaits et surtout des cadeaux". Pour quelques-uns, c'est une industrie lucrative : on cite