‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 12 sur 345 · T LHURS l'ROTHCTia'RS A ROMK. i · texte numérisé non relu

T LHURS l'ROTHCTia'RS A ROMK. i

d'Etoiie, il n'a donné à son poète qu'une méchante chlamydeM » On notait qu'Kmiius, protégé par les premiers citoyens de l'État, vivait dans une situation assez chélive, et qu'une seule servante suffisait au service de sa très modeste maison de l'Aventin'".

Dans ces rapports avec ces puissants personnages, le poète ne perdait-il pas un peu de son indépendance? Si l'on veut que l'indépendance consiste à prendre à l'égard des grands une attitude sauvage, oui, Livius, Ennius, Térence, ont été des âmes serviles. Mais on admettra, nous l'espérons, qu'on peut garder un sentiment très vif de fierté personnelle, sans se croire obligé d'être farouche en face des puissances'. Nous avons de la peine à croire que ces nobles esprits aient pu sacrifier leur légitiuKî dignité même à de si hautes relations, à plus forte raison s'abaisser à d'indignes complaisances. Quand Ennius louait l'Africain, et faisait dire à ce grand homme : « Depuis les lieux où le soleil se lève, il n'est personne qui puisse égaler mes exploits^ », ce n'est pas tant Scipion lui-même que le poète faisait ici parler, c'était la voix du peuple romain tout entier.

Entourés d'hommages, traités, non comme des parasites, mais comme des familiers, les poètes prenaient vite dans ce commerce des sentiments élevés, une ame presque patricienne. On ne trouverait pas à cette époque ces flatteries avilissantes qui nous attristeront phis tard dans le cours de ce livre ; tout ici paraît digne et réservé, et c'est à peine si on aperçoit la différence profonde des conditions sociales.

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