Vocator
véritable épithalame fut introduit à Rome par Catulle \ Bien que sa parenté avec les vers fescennins lui ait communiqué une certaine indiscrétion licencieuse, c'est un genre littéraire aristocratiquement voluptueux. Cette poésie légèrement sentimentale, pleine de divinités riantes, de flambeaux et de couronnes, fut à la mode dans le grand monde, sous Tempire, et c'est un des principaux moyens que les poètes employèrent pour se rendre agréables aux maisons riches où ils désiraient se ménager une entrée. Quand le jeune et beau patricien Stella va contracter mariage avec Violantilla, Stace fait appel à tous les versificateurs disponibles, et les invite à solenniser ce grand jour'-.
Mais nous avons une preuve plus décisive encore du rôle important joué par les poètes dans les fêtes nuptiales. Ce pauvre empereur (Jallien qui, en pleine anarchie politique et militaire, s'amusait à faire le bel esprit, le rhéteur et l'artiste, voulut profiter du mariage de ses neveux pour donner à sa cour le spectacle d'une grande lutte littéraire. Tous les poètes grecs et latins, sans distinction, furent invités à un concours d'épithalames. Il s'en présenta cent, d'après l'historien, c'est-à-dire un grand nombre. Chacun défila selon son rang, armé de sa pièce de vers; cette lecture singulière dura plusieurs jours. L'empereur luimême daigna entrer dans la lice, et les juges déclarèrent que ses vers étaient les plus parfaits \ Nous n'aurons pas l'irrévérence d'élever l'ombre d'un doute sur fimparlialité du jury. Gallien ne réussit pas à délivrer son père, qui en ce temps-là servait d'étrier à Sapor, ni à sauver l'empire, mais il fit peut-être le meilleur épithalame de son règne. Avec ce bagage, on peut se présenter hardiment devant l'histoire.
1. Du moins, les premiers épithalames littéraires que nous avons sont de Catulle. Voy. Carm., 61 et 62. Cf.64. — On en attribuait aussi à ses contemporains Calvus et Licidas.