‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 121 sur 345 · îlist. Auf/., G ail · texte numérisé non relu

îlist. Auf/., G ail

A mesure qu'on avance vers l'extrême décadence des lettres, ce genre artificiel, où la rhétorique, la froide mythologie, la grâce miévrée du style se font une part si facile, obtient une faveur nouvelle; c'est un des engouements suprêmes de cette civilisation expirante ^ Il pénètre même dans la littérature chrétienne", et, chose curieuse, il y pénètre sans laisser derrière lui sa friperie païenne \ Dans un épithalame écrit par Yénantius Fortunatus pour les noces de Sigebert et de Brunehaut \ c'est encore Vénus et Cupidon qui viennent orner de fleurs la couche nuptiale, et entreprennent l'éloge des deux époux : Cupidon fait le panégyrique de Sigebert, Vénus loue en termes pompeux la belle Espagnole. Le tout finit par des souhaits de longue prospérité. Ces vœux furent singulièrement exaucés! Un demi-siècle plus tard, Rrunehaut était traînée à la queue d'un cheval, et les huées des barbares succédaient aux jolies phrases du poète. Mais Fortunatus ne voulait que gagner les bonnes grâces d'un roi barbare qui se piquait de beau langage ; il y réussit, et ce fut le commencement de sa fortune. Le reste ne le regardait plus : c'était aff'aireà Vénus de venger les injures de Brunehaut.

Le poète était encore là, quand la mort avait passé dans quelque illustre maison, et il venait ofl'rir en vers ses condoléances à la famiUe éplorée. «< La consolation », nous le dirons plus loin, eut chez les anciens ses maîtres autorisés ; ce ministère appartenait de droit à la philosophie. Mais quand le grave moraliste avait apporté aux douleurs patriciennes ces calmants qu'il tenait en réserve, le poète s'approchait à son tour ; d'une manière moins

1. Voy. Claud., De Nupliù Uonorii et Marlr; Epithal. dictum Palladio et Celeriruv. —Yoy. &i\ssi, dams, les Poetx Minores, l'épithalame d'Auspicius et d'Aella, et relui de Laurentius et de Marie.

2. Ennodius, Epith. dictum M aximo ; Sid. Apollin., Carm., 11 et 13; Dracontius, n. 6 et 7.

3. Exceptons cependant l'épithalame écrit par saint Paulin de Noie sur le mariage de Julianus et d'Ia, dans un esprit vraiment chrétien.

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