‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 123 sur 345 · II, 1, ."jfi sqq · texte numérisé non relu

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oublier, même en pleurant les morts, de louer les vivants. Il dit enfin tout ce qu'il faut, sans appuyer trop fort, sans éclats indécents. Ces petites pièces seraient presque parfaites dans leur genre, si une éternelle et vide mythologie ne venait tout refroidir * .

Cette poésie officieuse, consacrée aux naissances, aux mariages et aux funérailles, ne représentait pas, tant s'en faut, toute la dette de l'écrivaui envers la noble maison qui daignait le recevoir. En dehors de ces trois circonstances, il y avait cent événements où ses vers étaient accueillis avec plaisir. Tels étaient, par exemple, les départs et les retours, A Rome, dans les classes élevées, on voyageait beaucoup : les besoins de l'administration et du service militaire envoyaient à chaque instant les nobles au fond des provinces. On trouvera dans Martial tous les échantillons possibles de départs : c'est un soldat qui va rejoindre sa légion sur les marches de l'empire, un proconsul qui part pour son gouvernement ; un magistrat en congé est allé se reposer à Yerccil des fatigues de l'administration ; un avocat, après un long service au barreau, se retire en Espagne, pour y finir sa vie dans de riches loisirs ^

Les retours sont assez monotones. Presque invariablement, on propose à celui qu'on retrouve après une longue absence de fêter, la coupe en main, le bonheur de se retrouver ensemble : « lo! marquons ce jour d'un caillou blanc! Julius nous est rendu ! Tant mieux d'avoir désespéré de le revoir, comme si les trois sœurs avaient déjà coupé la trame de ses jours ! On jouit moins, quand on n'a pas senti les angoisses de la crainte. Voyons, petit paresseux d'échanson, qu'attends-tu? Verse-nous de ce vieux falerne : pour acquitter nos vœux, il faut un flacon séculaire ^ » C'est en

1. On peut rattacher aux consolations un grand nombre d'épitaphes (voy. Martial, v, 34 et 37; etc.), ainsi que les '< laudes funchres » ou « cpicedia ». (IMin., Ep., III, 10; Stace, Silv., v, 3; Martial, vi, S."!; Ausone, Epirrdium palvis sui; etc.)

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