Ad Fa/nil., xiii
*■». il elait désigné souvent par le nom grec d'an ag nos /es.
16i LES GENS DE LETTRES
tout jeune esclave, instruit et bien élevé; sa société était une distraction, même quand ses services n'étaient pas absolument nécessaires \ Un des lecteurs de Cicéron était presque encore un enfant, lorsqu'il vint à mourir; le grand orateur osa le regretter, bien qu'il s'en accuse comme d'une faiblesse -. Dans beaucoup de familles, on faisait une lecture à table, même s'il y avait des étrangers, et ce divertissement sérieux ne déplaisait pas à tout le mondée 11 pouvait arriver que le maître, dans les récitations publiques, se fît remplacer par son lecteur \ Ce n'était pas pour lui un mince honneur de se produire, même en jouant un persunnage étranger, dans ce beau monde élégant et disert, et le pauvre homme croyait facilement qu'il avait une bonne part des applaudissements.
Kn dehors de ces services extérieurs, le lecteur était à chjique instant utile aux hommes studieux qui tenaient à ne rien laisser perdre de It^ur temps. Il lisait pendant le bain; il lisait aussi dans la litière : c'est pendant un voyage que le lecteur favori de Pline le Jeune eut la gorge déchirée par l'acre poussière de la route, et fut pris d'un crachement de sang. Uien de sincère et de touchant comme la douleur de Pline, bien qu'il s'y mêle un grain d'égoïsme comique : « Encolpe, mon lecteur, dont le ministère m'est si utile et la société si agréable, a craché le sang. Que cela est triste pour lui et cruel pour moi! Qui aimera comme lui mes ouvrages î Qui saura comme lui les faire valoir par une lecture habile et caressante! Mais enfin les dieux me donnent meilleur espoir; Encolpe a cessé de rendre du sang, et il soulfre moins. D'ailleurs, il est sobre, je veille sur sa santé, et les médecins ont l'œd ouvert"'. » Chez Pline l'Ancien, on lisait avec rage, fiévreusement, gloutonnement, du