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combien de familles où elle se jouait tous les jours au naturel!
Cependant le pédagogue était en général aimé et respecté. Il était si bon sous ses grands airs terribles ! Comme il s'attachait à ce cher enfant livré à sa confiance! On citait même des gouverneurs qui étaient morts en défendant leurs élèves. Pendant les proscriptions, les sicaires des triumvirs poursuivent un écolier inscrit sur leurs listes, et coupable d'avoir un père trop puissant ; le pédagogue l'enveloppe dans les plis de son manteau, le couvre de son corps. 11 ftilluttuer le maître pour arriver jusqu'à l'enfant' .
Après de longues années de bons et loyaux services, on récompensait le gouverneur en lui donnant la liberté ; mais beaucoup restaient dans la famille à titre de pensionnaires viagers, ou bien ils suivaient la fortune de leurs anciens élèves, et devenaient leurs confidents et leurs amis ; amis humbles et discrets, naïvement heureux des moindres prévenances, et qui rappelaient les bons souvenirs de la vie d'écolier. Ils vieillissaient, ils mouraient dans ce nouveau foyer, et l'un d'eux faisait mettre sur sa tombe cette ligne qui résumait sa modeste existence : « Mon pécule était pauvre, mais mon cœur était riche ■\ »
Nous revenons maintenant aux précepteurs de l'élève. Quand il savait lire et écrire, le moment était venu de le mettre entre les mains des grammairiens. Ici se posait un grand problème ; l'internat était inconnu à Rome, mais on pouvait envoyer l'enfant comme externe aux écoles publiques, ou bien le garder dans la famille, en l'entourant de maîtres spéciaux. En faveur de chacun de ces partis, on alléguait des raisons qui paraissaient assez plausibles. Quintilien les discute avec un admirable bon sens% et nous aimerions à rappeler ces pages pleines de tact et de finesse, où il fait le procès à des tendresses excessives qu'on n'osait