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guère avoiKT. En général, ceux qui tenaient pour l'éducation privée affectaient de croire que le séjour constant de la maison paternelle était une garantie de sécurité pour les inuairs de l'enfant. Mais, alors comme aujourd'hui, cette raison spécieuse cachait quelquefois une sorte d'idolâtrie pour l'enfant, dont la présence continuelle, les jeux, le sourire et la voix étaient une nécessité.
Quoi qu'il en soit, si l'on s'était décidé à gard(T l'enfant dans la famille, il fallait se mettre en quête d'un grammairien grec et d'un grammairien latin, sans parler des maîtres spéciaux pour la musique, la géométrie, le calcul, etc. Cependant leur rôle est peu important, et on peutdiriî que l'enseignement du second degré est donné presque tout entier par les deux grammairiens. Peut-être quelques professeurs allaient-ils de maison en maison, donner des leçons à domicile; mais ce régime devait être exceptionnel.
Nous n'avons rien à dire ici de l'enseignement public. Comment se faisait le recrutement des professeurs domestiques? Il y avait plusieurs moyens d'en avoir. Si, dans le personnel d'une riche maison romaine, on ne trouvait pas d'esclaves ou d'affranchis en état de remplir cet emploi', on pouvait acheter des précepteurs sur le marché. Nous avons dit plus haut que les maquignons du grand monde tenaient cet article de luxe. Cependant le grammairitîii pouvait manquer dans les assortiments, mais on avait la ressource d'en faire venir des places mieux pourvues. Du reste, il ne faudrait pas croire que ces précepteurs, quoique achetés h beaux deniers comptants, fussent traités connue le connnun des esclaves; soit par respect pour leur science, et considération pour les services qu'on leur demandait, soit alin d'assurer leur prestige auprès de leurs élèves, on ne tardait pas en général à leur donner la
1. Ouiiit., I, 2; riut., Cat. maj.y 20 ; elc. — Voy. aussi les recueils d'inscriptions latines.
liberté. La plupart des grammairiens célèbres étaient des affranchis *, et l'on peut croire qu'avant d'ouvrir ces écoh^s oiî afll liaient les auditeurs, ils avaient appris la pratique du métier au service de leurs anciens patrons.
Mais si, comme le vieux Caton, le père de famille éprouvait quelque répugnance à confier son fils à un esclave, ou même à un affranchi encore tout flétri des souvenirs de la servitude, il ne manquait pas à Rome de gens instruits, prêts à s'engager comme précepteurs au service d'une bonne maison. La plupart de ces professeurs étaient (irecs. Juvénal, qui ne comprend rien à la lutte pour l'existence, ne décolère pas contre ces étrangers, qui \iennent disputer aux Romains les places où l'on peut honnêtement gagner sa vie. A l'entendre, ces professeurs sont des intrigants qui s'abattent sur une famille comme sur une proie ; bientôt maîtres de la maison, ils s'imposent par leur verbe haut, leur audace, leur souplesse, et surtout leur inépuisable servilité. Dites à un de ces u petits Grecs» aifamés de grimper à la lune, il y grimpera-.
Ce tableau est curieux^ mais trop fort en couleur. Je sais bien que la race grecque a toujours été attirée là on elle flairait de l'influence et de l'argent ; cependant le peu que nous savons de ces maîtres privés nous les montre, non comme les exploiteurs d'une famille où ils se sont faulilés, mais comme de braves gens, d'humeur tranquille, embarrassés, timides, qui se réfugient dans une condition un peu précaire, parce qu'ils redoutent le bruit et les embarras d'une école publique.
Le cours de l'enseignement grammatical varia beaucoup suivant les siècles. A l'origine, il embrassait même la rhétorique"^; dans la suite, quand la culture de l'éloquence devint un art savant et difficile, encombré de préceptes
1. Tels furent Cornélius É|)ira(lus, affranchi de Sylla ; Lén.eus, affranchi de l*onipn'. lly^MD, Vcrrius Flaccus, etc. Voy. Suét., De Gramm., passim.