‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 137 sur 345 · Suét., De Gramm · texte numérisé non relu

Suét., De Gramm

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minutieux, le rhéteur se sépara du grammairien, et ne laissa à celui-ci que le travail préparatoire, les règles du langage et de rorthographe, la glose des auteurs classiques'. L'explication des écrivains était la partie la plus attrayante de son enseignement ; les poètes surtout étaient les véritables instituteurs de la jeunesse romaine, et cela s'explique tout naturellement par le but qu'on poursuivait en donnant à Tenfant une éducation libérale. Être maître de la langue et habile dans l'art de s'en servir, avoir à son commandement une parole opulente, ornée et musicale, exceller enlin dans la plastique de la phrase, c'est à ces signes qu'on reconnaissait une formation littéraire bien faite ; on croyait avec raison qu'un long commerce avec les grands poètes était le meilleur moyen de donner à l'esprit cette éducation tout artistique. L'explication des auteurs donnait lieu d'ailleurs à mille commentaires sur la mythologie, les antiquités, l'astronomie, la géographie, l'histoire.

La grammaire reprit plus tard certains exercices de style délaissés par le rhéteur; quand celui-ci fut décidément un grand personnage, il abandonna dédaigneusement cette mince matière au grammairien, qui fut trop heureux de l'accepter ". Ces compositions, auxquelles on donnait le nom à<à problèmes, de chries, à^étholoc/ies^ etc., n'étaient guère autre chose que de petits sujets à développer. Tel était le thème suivant : « Cratès, ayant vu l'ignonmce d'un enfant, se mit à battre le précepteur. » Voilà, j'en suis bien sur, un modèle de paraphrase qui avait le plus grand succès auprès des écoliers. Dans Téternel conflit avec le maître, renFant sera toujours du coté de Cratès.

Les parents seraient aussi volontiers du même avis, et ils ne demanderaient pas mieux que de corriger leurs enfants sur le dos du professeur. En bonne règle, un père n'avoue pas que son fils est un paresseux ou un sot : « On n'a pas su le prendre; on ne sait pas le faire travailler; on

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