‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 139 sur 345 · Dialogue d'Ann. Flurus · texte numérisé non relu

Dialogue d'Ann. Flurus

4. Voy, surtout la touchante lettre de Pline sur la mort de la fille de Fundauus (v, {{]).

l'^ LES GRNS DE LETTRES

On ne sait peut-ôtre pas encore assez, malgré les beaux travaux de la critique moderne, quelle large place les philosophes avaient réussi à se faire dans la société romaine de Tempire. Tout le monde, bon gré mal gré, s'occupe de ces hommes singuliers, qui traînent partoutleurs longues barbes et leurs airs mélancoliques. Les uns exaltent la mission bienfaisante des philosophes ; les autres, au moins aussi nombreux, les chargent de tous les vices, et déclarent qu'on ne peut supporter leurs mœurs équivoques, leur hypocrisie^ leur basse importunité, leur impertinence, leur paresse, leur gourmandise, leur cupidité '. Ce sont des chiens hargneux, rampants et gloutons, qui grondent encore en cassant Tos qu'on leur a jeté. Les épigrammes pleuvent sur eux ; on ne tarit pas en plaisanteries sur leurs procédés charlatanesques et leur plaisant costume'. Un jour, l'un d'eux se présente à Jlérode Atticus, hérissé comme un lion, avec une barbe immense : « Qu'est-ce que cela? demande llérode. — C'est un philosophe. — Allons donc! c'est une barbe, ce n'est pas un philosophe M » ïrimalcion, le héros de Pétrone, nîcommande soigneusement de mettre dans son épitaphe « qu'il n'a pas écouté les philosophes^ ». On rit longtemps du zèle ridicule de Musonius qui, au moment où les troupes de YiteUius et celles de Vespasien allaient combattre dans les faubourgs de Home, s'avisa de leur porter des paroles de paix. Sa philosophie fut accueillie comme on peut le |)enser par ces soudiU'ds, et le prêcheur dut se replier en l)on ordre avec sa morale'.

Les railleries des uns, l'admiration des autres, prouvent également l'importance que les philosophes avaient prise. Sans entrer dans des détails qui ne seraient plus de notre

1. Corn. Nt'p., cité par Ladanro, Inslit., m, l.i; Juv., n, 1-12; Quiiil., i, proii'/n.; \u,:i; A. (J«.'ll.. xiif, 8; vAc. Les lexles surabondent sur ro point.

2. IMaul., Cuiriil., ir. :j; Apul., Fhr., r, 7: Lucien, pnxstm: etr :{. A. (lelL. IX, 2.

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