av. notre ère
et son éducation était à peu près achevée, car nous le voyons. Tannée suivante, suivre son père Paul Emile* en Macédoine, et faire ses preuves de bravoure à la bataille de Pydna. A la suite de cette campagne, mille Achéens, choisis parmi les plus notables, furent déportés à Rome et dans l'Italie comme otages. Polybe était de ce nombre. Il eut occasion d'échanger avec Scipion quelques livres^ ; on entra en propos, on causa de choses littéraires. Ces premières relations en amenèrent d'autres, et bientôt Polvbe eut ses entrées chez les Scipions ; toutefois ce n'étaient encore là que des rapports de politesse. Polybe a raconté conmient naquit son étroite intimité avec Emilien. Un jour qu'il avait dîné dans la maison Fabia, le jeune Scipion le prit à part, et lui dit en rougissant : a Je vois bien, mon cher Polybe' que vous me dédaignez un peu; car vous n'adressez la parole qu'à mon frère Fabius; il est vrai d'ailleurs que mon caractère n'annonce rien qui soit digne d'un Scipion. » Polybe lui répondit, fort étonné : <c il est tout naturel que je parle de préférence à Fabius, puisqu'il est votre aîné; mais je suis si loin de mépriser votre jeunesse, que je vous crois né pour les plus grandes choses; et, s'il ne tient qu'à moi que vous restiez digne de vos ancêtres et de votre nom, je prends la liberté de vous offrir mon expérience et mes conseils \ » A partir de ce jour, Scipion et Polybe vécurent dans une intimité parfaite, et même on s'entretenait partout de cette admirable amitié. Elle dura près de quarante ans, et ne finit qu'à la mort de Scipion.
Je ne sais à qui elle fut le plus utile. Polvbe fut redevable à son illustre ami de l'indulgence avec laquelle on le traita ; tandis que la plupart des otages de la ligue achéenne étaient relégués dans d'obscurs municipes, on autorisa Polybe à résider à Rome ; ensuite on lui permit d'aller recueillir en (iaule et en Espagne les matériaux de son
1. On sait qu'il appnrlenait par adoption a la famille des Scipions. -^. Folyb.. HisL Qeiu, xxxii, 9.