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consciences un compagnon de voyage consulté dans les cas épineux, toujours pivt à développer les inépuisables ressources de sa casuistique ; et, Jusque dans la frivolité ou la licence des festins, il avait encore le droit de faire entendre quelques graves paroles.
En dehors de ce rôle un peu vague de C(>nseiller d'office, il n'est pas facile d(! définir les attril)utions du philosophe domestique dans les grandes familles romaines. Exerrait-il une maîtrise réelle sur le gouvernement moral de toute la maison? Était-il en quelque sorte Tintendant général des choses de la conscience? Faisait-il aux esclaves d'un rang supérieur des lectures ou des conférences de sagesse? Avait-il la haute surveillance des précepteurs et des niiiîtres de toute espèce (pii entouraient Tenfant? Tout cela est assez vraisemblable, au moins pour ces familles stoïciennes de l'empire, qui s'isolaient lièrement, dans une tristesse austère, des vices et des vanités du siècle*.
Nous ne connaissons bien qu'un seul emploi de ces philosophes d(»mestiques; mais c'est un des plus curieux. Aujourd'hui, on ne souffrirait guère un moraliste de profession, qui viendrait pédantesquement nous débiter des sentences pour nous consoler de la perte d'un parent ou d'un ami. Les anciens n'étaient pas si difficiles; chez eux, l'art de consoler était un genre, qui avait ses axiomes, ses règles et ses formules empiriques'; on guérissait la d(>uleur morale par raisons péremptoires et positives. Les philosophes étaient naturellement les consolateurs attitrés et patentés du genre humain : a Vous ne pouvez nous souffrir, disait un de ces calme-douleurs, tant que vous êtes dans la joie et la prospérité. IMais si vous venez à perdre votre fortune ou votre santé, si votre femme, votre fils
\. C'est (li'ià le rôle (|ul' PaiiiPlius ;ivait joué auprès île Scipion Kuiilien. (Voy. plu.^ haut, liv. I, rliap. ii.)
2." Coniutiis, par exemple, «lut exercer, dair- la maison de Perse, relie fonclioii de dirertcnr moral.