‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 142 sur 345 · Vov. les trois Cnusolafions de Sénèqne · texte numérisé non relu

Vov. les trois Cnusolafions de Sénèqne

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viennent à mourir, oh! alors, vite, vous envoyez chercher le philosophe, pour en avoir des paroles consolatrices S »

Quand on avait le bonheur d'entretenir à son usage un philosophe, il était inutile d'appeler un savant praticien du deluu's; on avait le médecin sous la main, et il pouvait tout à loisir distiller les magiques formules qui rendaient la paix à l'àme. L'impératrice Livie, après la mort de son petit-fils Drusus, eut recours aux bons offices d'Aréus, philosophe du palais; il paraît qu'elle se trouva parfaitement bien de ses homélies onctueuses".

Le philosophe assistait même les mourants et les condanmés; il aidait l'àme à partir, et faisait entrevoir quelque espérance d'une vie future. Le problème de l'au delà tourmentait ces hommes qu'on croit si frivoles : c'était le sujet des suprêmes entretiens. Comme Socrate, on faisait sortir les femmes et les enfants, c'est-à-dire les vulgaires intérêts d'ici-bas, pour réserver toutes ses pensées à la grave question de l'autre vie \ Le christianisme, avec ses décisives solutions, n'était pas arrivé jusqu'à eux, et il faut les admirer d'avoir occupé leurs derniers instants de ce noble souci. On voit même quelques-uns de ces philosophes assister des condamnés dans leur supplice ; ils figurent dans plusieurs de ces drames sanglants qui, sous les mauvais princes, venaient brusquement terminer les plus belles vies\ Ainsi la mission des philosophes, dans les grandes maisons, pouvait emprunter aux événements une véritable grandeur ; ils représentaient alors ce qu'il y a de plus respectable au monde : la conscience protestant contre la force, et l'espérance entrevue d'une future justice.

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