‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 144 sur 345 · Jiiv., in, IKMIS; i,Xi; Sc/tol. ibid · texte numérisé non relu

Jiiv., in, IKMIS; i,Xi; Sc/tol. ibid

ET LELRS l'ROTl-CTEURS A HOME.

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Pline le Jeune protecteur des lettres.

PliiH' le JcuiKi a toutes l«js qualitrs nîquisos dans le parfait prolectinir (les lettres : il les aime avec passion; il est bon, servia])le et libéral ; il serait lietn-eux de passer pour !'• Méc»'iie de, sou siècle; sa «jraude situation et sa fortune lui domuMit uiilh^ mov(»ns d'être utile. — Coniment Pline protège les lettres: il donne du cœur aux écrivains, les encourage à travailler, à écrire, à i)ul)lier. lesdirig»; par ses conseils, les félicite quand leurs œuvres ont vu le jour; son zèle pour les lectures pul)li(iues. — Services plus positifs rendus aux gens de lettres; il obtient pour eux des dignités, des honneurs; ses rapports avec Suét(Uie. 11 reconnnande les premiers so])histes arrivés à H(une, et lestait connaître à ses concitoyens. — Libéralités de Pline : petits présents; les frais de voyage de Martial; invitations à diner. Largesses extraordinaires; Pline paye les dettes du philosophe Artémidore; il fonde à (/'»iuc une école l'f une bibliothèque. Conclusion.

Le nom de Pline s'est offert à nous bien souvent déjà dans le cours de ce livre. Il est impossible de ne pas rencontrer à cliaquc pas la trace de cet esprit aimable, quand on raconte l'histoire littéraire de l'empire. Sa correspondance est un tableau complet du mouvement intellectuel de S(Hi temps : l'histoire, l'érudition, le barreau, l'enseignement des rhéteurs, l'apparition à Rome des premiers sophistes neo-grecs, l'engouement général pour les jeux frivoles de la versification, l'importance exagérée des lectures publiques, les écoles, les bibliothèques, les cercles de beaux esprits, tout cela revit dans ces lettres, d'un intérêt inépuisable, oi'i il fait jour par jour la chronique de la ville. Cet homme, qui connaît si bien la littérature de son siècle, est le protecteur déclaré des écrivains, et il nous dit naïvement, sans le moindre embarras, les témoignages de zèle qu'il

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prodigue h tous ceux qui cultivent les lettres. Nous avons ainsi la bonne fortune de surprendre un grand seigneur du second siècle dans rexercice même de son rôle de iNFécène.

Pline a d'ailleurs toutes les qualités requises pour tenir l'cnqiloi avec honneur; il aime sincèrement les lettres ; c'est un homme bon, cordial, désintéressé et généreux; il ne dédaigne aucune espèce de gloire, et serait encliiUite de passer pour le .Mennnius ou le Messala de son temps; entin, la place éminente qu'il occupe dans l'I^tat, ses relations étendues, ses richesses, lui donnent mille moyens d'être utile à ceux qu'il veut servir.

Le goût des lettres a été la grande passion et la grande alfjure de sa vie : « C'est ma joie et ma consolation; il ne m'arrive ri(.'n d'agréable que les lettres ne me rendent plus agréable encore, rien de triste qui, par elles, ne devienne moins triste*. » I4iiie est avant tout un lettré^ un artiste de style qui s'enivre de la musique des sons ; il parle, c'est pour le plaisir de l'aire de beaux discours; il écrit, c'est pour aligner amoui'eusement de jolies phrases. Ktre montré du doigt dans les rues et les th.'Atres comme un habihî avocat, un écrivain fécond, un poète agréable, voilà son and)ition. Un beau jour, il pense à écrire quelque gr.uid morceau d'histoire. D'où vient C(,'tte vocation subite? Porterait-il en lui, comme un Tit<' Live, l'àme des vieux Romains, ou connue un Tacite, le dieu de la conscience publique? Mon Dieu, non, mais l'histoire « plaît généralement » ; c'est un fjcaj'c attrayant! il y a là peut-être des ap})laudissements nouveaux à recueillir'. Tels sont les graves motifs de cet homme qui veut écrire les annales du plus grand peuple de l'antiquité! Une seule chose riu'réte; il retouche en ce moment ses plaidoyers^ pour les rendre moins indignes de la bienveillance de la postérité; Pline craint de confondre et de l>r(tuiller les deux genres, et d'écrire l'histoire en style d'avocat'.

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