‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 146 sur 345 · viii · texte numérisé non relu

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un honinu,' admirable; après avoir rendu de loyaux services à l'État, il sait embellir sa vieillesse par la culture des lettres*. Pline voit toutes choses à travers sa passion littéraire; il surprend même un jour dans son âme un peu d'indulgence pour l'avocat Régulus, le plus lier coquin de ce temps-là, parce que, si Régulus déshonore le barreau par la bassesse de son caract«'re, il a du moins le respect de la parole publique -.

Cependant, une autre pensée plus haute l'occupe et le tourmente : le sincère désir de faire ce qui est bien. Pline est un des hommes les plus droits, les plus honnêtes, les plus aimables, les plus désintéressés^ les plus attirants des temps anciens. D'ailleurs, il faut le dire, la vertu lui a mieux réussi qu'à beaucoup d'autres; il a été parfaitement heureux. Orateur écouté devant les tribunaux, poète applaudi dans les récitations, content de lui-même, satisfait de ses contemporains, assez confiant dans les arrêts de la postérité, la vie, si âpre à la plupart des hommes, s'est présentée à lui souriante et pleine de séductions. Il a compté parmi ses amis les plus honnêtes gens et les plus beaux génies de son siècle. Sa femme Calpurnia l'entourait de tendresse, et s'associait à ses travaux. Peu de chagrins violents ont traversé ses jours, et il a joui doucement des succès que la Providence avait semés sur sa route.

Pline a pu ainsi, sans effort, ouvrir son Ame à tous les nobles sentiments : il a aimé les belles campagnes et le commerce des bons esprits; il a aimé le bien'^ : sans doute son horizon moral n'est pas très étendu, mais il veut que la justice et la bonté, comme un sage païen pouvait les concevoir, gouvernent les choses d'ici-bas. Knfin, Vïme a aimé les petits et les déshérités beaucoup plus qu'on ne les aimait alors ; il prend intérêt aux pauvres gens, aux ou-

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