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3. Lno sorte de passion pour la vertu anime tout if panégyrique de Trajau.
vriers qui lèvent sa récolte, à l'affranchi qui lui fait la lecture ' . Il prend au sérieux ce titre de <( père de famille » que la loi doime au maître, traite ses gens avec égards, et leur permet de faire un testament. Il est triste de la mort d'un esclave : « D'autres, dit-il, ne voient dans de tels accidents qu'un peu d'argent perdu; cela ne les empêche pas de se croire de grands hommes et des sages. Sont-ils, en effet, de grands hommes et des sages? je l'ignore; mais je sais bien qu'ils ne sont pas des hommes '. »
Quant à ses amis, Pline a pour eux une profonde tendresse : (( Leur absence est pour lui un supplice » ; « il est malade de leurs maladies. » Ces formules sont un peu maniérées : c'est le langage de l'époque; mais elles traduisent une affection très vive, il est tout heureux de les voir profiter des plaisirs dont Une peut jouir lui-même. Pline laissera, pour leur rendre service, ce qu'il a de plus cher au monde, ses études et ses livres *. Il ne tarit pas en éloges sur leur compte; on riait même un peu, autour de lui, de son indulgence aveugle'*, ce qui nous a valu cette lettre charmante : (( Il paraît qu'on me reproche de louer trop mes amis, et, en toute rencontre. Je reconnais ma faute, et même j'en tire quelque vanité ; il n'est pas mauvais de pécher ici par excès. Quels sont-ils, ces hommes qui pensent mieux connaître mes amis que je ne les connais? Mais, admettons qu'ils les connaissent mieux : pourquoi m'envier cette heureuse illusion? Si mes amis ne sont pas aussi parfaits que je le dis, je suis du moins heureux de les croire parfaits \ »
Sa bienveillance, au reste, n'est pas de ces sympathies idéales qui ne sont guère coûteuses : son temps, son crédit.