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;{. VI, 1; IX, 22; i, 10; vm, 0.
i. Kn ^^cnéral, s'il blâme quelqu'un dans ses lettres, il a soin de rarlier son nom (II, 6; vni, 22; ix, 12; etc.).
;j. VII, 28. Cf. VIII, 22 : « Optimum et emcndatissimum existimo, qui cèctrris ila ignoscit, tanquam ipsp quotidif pcccet; ita pcccatis aôstinet, tanquam nemini ignoscat. »
Li:S GENS Di: LETTRES
sa parole, sa fortune appartiennent à ses amis, et même un peu à tout le monde. On ne peut rien imaginer de plus serviable. Vïmv sait obliger sous mille formes variées, et il serait fastidieux de dresser ici la liste de ses bienfaits; il suffisait de s'adresser à lui pour avoir des droits spéciaux à sa bonté. Ses libéndités sont bien connues' : il donne cinquante mille sesterces à Quintilianus pour c(>mpléter la dot de sa lille", offre d'un seul coup trois cent mille sestrrces à un ami pour lui permettre d'entrer dans Tnrdre des chevaliers, bâtit des temples à ses frais '. Enfin, il prodigue sa fortune de si boime grâce, qu'il aurait pu dire : « Tiii fait deux parts de mes biens, ceux que j'ai encore, et ceux que j'ai donnés. »
Cependant, il manque à ses bienfaits la suprême consécration du silence ou au moins de la discrétion. L'antiquité n'avait pas les mêmes idées que nous sur la modestie ; nous trouverions aujourd'hui bien ridicules et bien fats des gens qui oseraient parler d'eux-mêmes ou de leurs ouvrages comme faisaient Ennius, (licéron, Troperce, Horace, Apulée. Les anciens, en général, n'ont pas, sur ce point, notre délicatesse plus ou moins sincère; ils disent vol(»ntiers ce qu'ils pensent valoir. Ils ne se croient pas non plus obligés, par une espèce de pudeur, de taire les services qu'ils rendent à leurs amis.
Pline est le type achevé de ces protecteurs dont la bienveillance cordiale, mais indiscrète, a besoin de bruit et d'éclat. 11 veut bien donner, donner beaucoup, et aux gens de lettres de préférence à tous les autres; mais il veut aussi que \v public et les siècles futurs soient tenus au courant de ses largesses, et des obligations dont ses amis lui sont redevables. Un jour cependant, par hasard, on trouvera dans ses lettres une belle thèse sur le désintéresse-
1. 11 veuf <iu"uii lioiiiino vraiment libéral duiiiie -< palriœ, propinquh, af/inihus, amicis, srd atnicis panpnrihus. » 'ix, 3(1.)
2. VI, 32. Ce Quintilianus parait être diirérent liu rélcbre rhéteur de re nom. ;{. I, 11); I, i{ix, 39.
ment des bienfaits' : il faut, à l'entendre, rechercher la récompense de la vertu dans la conscience ; la renommée ne doit pas être le mobile de nos actions; tout au plus, après coup, peut-on l'accepter comme le prix du mérite. Raconter le bien qu'on a fait, c'est donner à croire qu'on Ta fait pour avoir le plaisir de s'en vanter. Ce que nous avons accompli de louable, on le passe au compte de la vanité. Pline parle d'or sur ce sujet; malheureusement pour sa théorie, la lettre même où il expose ces belles idées n'est pas autre chose qu'une petite réclame, im compte rendu au public de ce qu'il vient de faire pour la ville de Come, en y fondant une bibliothèque.
Mais ce faste même fait partie du rôle que Plinc' a l'ambition de jouer; il serait bien aise d'avoir, au regard de son siècle, la réputation d'un Mécène magnifique. Cicéron a protégé les poètes, et l'on sait bien à Rome que Pline voudrait en toutes choses rappeler Cicéron. D'ailleurs, pour im grand personnage, il n'y a pas de plus bel emploi de sa fortime, de son inlluence et des loisirs que lui laissent les affaires : c( C'était autrefois l'usage, nous dit-il, de récompenser par des honneurs ou de l'argent ceux qui avaient écrit quelque chose à la gloire des villes ou des particuliers. Aujoin-d'hui, cette coutume a passé avec d'autres qui avaient aussi leur grandeur". » Cependant, il reste encore quelques traces de cette noble tradition; Pline cite avec admiration et respect l'exemple de Capiton, qui aime les écrivains, les protège, les pousse, travaille à les faire goûter du public, les encourage par des pensions, les accueille chez lui, leur prête son logis pour les séances de lecture, et, ce qui est encore plus méritoire, les écoute avec une patience inahérable; bref, il est la providence des gens de lettres'.
Pline essayera de faire aussi bien, s'il est possible, et