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« ce ne sera pas sa laule, si son siècle reste stérile et languissant'. » Du reste, personne, assurément, n'est mieux en situation détre utile à ceux qui cultivent les lettres : Pline occupe une grande place dans l'Ktat; il a Toreille du prince, un nom respecté, une autorité presque souveraine au barreau, des amis répandus dans tous les postes importants de Tempire, une assez large opulence. Pour l'un, il peut demander une place de tribun, pour l'autre, le dntit (les /rois enfants; il récompense les vers de Afartial comme ce pauvre poète, qui avait plus besoin d'mie pièce d'or que d'un compliment, voulait qu'on les récompensât. Ses conseils mêmes et ses éloges auront un grand prix, venant d'un personnag(^ aussi considérable, et sa seule présence à la lecture d'un débutant sera pour celui-ci un encouragement. Mais il faut entrer dans des détails plus précis sur cette espèce de ministèn; officieux (jue Pline exerce auprès des gens de lettres, avec une suite remar(]uable et une espèce de métbode.
Tout d'abord, il n'entend pas qu'on s'endorme dans la paresse : travaillons, écriv<nis; l'avenir ne connaîtra que ceux qui auront p(insé à lui; assurons-nous le seul bien que le temps ne poui'ra nous oter. Xos maisons, nos terres, après n(»tre mort, changeront mille fois de maîtres ; nous en avons tout au plus l'usufruit; seules, nos œuvres littéraires sont bien à nous. Ne parlons pas de Finditlërence de l'opinion, c'est une excuse de l'indolence; le public est moins mauvais juge qu'on \\v dit: d(>nnons-lui de bons discours et de bons vers, et nous n'aurons pas à nous plaindre de lui'. On allègue encore ces mille occupations qui remplissent la vie d'un citoyen; mais, si nous faisons froidement le décompte de ces journées qui mous semblent si pleines, nous verrons à quelles pitoyablr's frivolités nous dépensons le meilleur et le plus clair de notre temps.