‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 150 sur 345 · I, 3; II, 10; iv, 10; ctc · texte numérisé non relu

I, 3; II, 10; iv, 10; ctc

KT Li:i:ns protecteurs a romi:. i89

Faites comme moi, dit encore Pline à ses amis, fuyez la foule, allez passer à la campagne, dans les plaisirs de l'étude, ces longs jours de fêtes et de vacances qu'il est facile de soustraire à Pexistence la mieux remplie; ce fécond repos vaudra mieux que vos riens affairés \

S'il apprend qu'une œuvre est prête, ou au moins sur le métier, Pline change de langage. Il ne laisse plus de repos à l'auteur infortuné : « 11 faut bien publier quelque chose, » dit-il avec conviction; cet excellent homme ne comprend pas qu'on puisse garder un livre en manuscrit; c'est une espèce de larcin fait au public. Quel dommage de retenir captifs des vers si charmants, qui ne demandent qu'à prendre leur envolée, et à courir le monde M Voyez sur quel ton aimable il écrit à Suétone : « Mes hendécasyllabes ont amioncé votre ouvrage à nos amis communs; il est temps d'acquitter leurs promesses. Tous les jours, on cite votre livre à comparaître, on le blâme de réclamer de nouveaux sursis, et j'ai grand'peur qu'à la lin le tribunal ne se lasse, et ne lui envoie quelque grimoire d'huissier. Assez de délais, ou prenez garde : ce livre que des vers ilatteurs et caressants n'ont pu obtenir pourrait bien vous être arraché par des ïambes acérés. Votre o'uvre est arrivée à son point de perfection; la lime n'ajouterait rien à son poli, et risquerait d'en user les fins contours. Donn(^z-nous donc au plus tôt le plaisir de voir votre nom à la tête d'un livre, d'apprendre qu'on copie, qu'on lit, qu'on débite les ouvrages d»; notre cher Suétone ■'. »

A-t-il affaire à des hommes plus jeunes que lui, Pline prend la liberté de leur donner paternellement des conseils ; il dirige leur esprit, et a la patience de corriger leurs vers. Pour l'un de ses disciples, il fait en trois ou

Page 1