‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 152 sur 345 · IV, IS: V, II), cr. IV · texte numérisé non relu

IV, IS: V, II), cr. IV

je dois à vos œuvres m'empêche d'y toucher avec un esprit qui ne serait pas libre de tout soucia » Un écrivain goûté du public vient-il à disparaître : Pline nous avertit de cette perte, et fait l'oraison funèbre de l'auteur'.

Toute la littérature du temps passe devant nos yeux; mais c'est une liste où chaque nom est en particulier le plus glorieux de tous. Un de ces éloges donnera le ton (le tous les autres : a Passiénus Paulus est un homme excellent, parfaitement honnête, très attaché à moi. Dans ses vers, il cherche à imiter les anciens, à rendre leur physionomie et leur beauté. Il essaye surtout de marcher sur les traces de Properce, qu'il compte parmi ses ancêtres... Si ses élégies tombent entre vos mains, vous lirez quelque chose de poli, de tendre, d'agréable. Depuis peu, il s'est donné à la poésie lyrique, et, dans ce genre, il nous a rendu Horace aussi heureusement qu'il avait imité Properce dans l'élégie ^ » Remarquons ici à quel point Pline lui-même, certainement à son insu, accuse l'incurable faiblesse de ces poésies factices*, qui reproduisent les idées, la manière, les procédés des maîtres, où rien de personnel et de senti ne fait battre le cœur. Passiénus est un Properce et un Horace; d'un autre on dira : c'est un Ménandre; d'un troisième : c'est un Catulle ; d'un autre encore : c'est un Callimaque; pauvres poètes, qui sont tout ce qu'on voudra, excepté eux-mêmes.

La plupart de ces pièces de vers, avant d'être livrées aux scribes qui en multipliaient les copies, avaient passé par l'épreuve de la lecture publique. Pline attache une extrême importance à cette institution demi-officielle; le ton respectueux dont il parle des séances, la naïveté de sa joie quand il a eu le bonheur d'y recueillir pour son compte

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