VI, G
fils dans les charges publiques! Pline trouve cela tout à fait raisonnable.
Parmi ces écrivains auxquels Pline prodiguait ses bons offices, il y en a un qui se détache sur la foule avec un certain éclat : c'est Suétone, parfait honnête homme, au jugement de PHne, qui attachait du prix à ses conseils, et le consultait souvent'. Leur amitié n'était donc pas une de ces liaisons banales qui ne tirent pas à conséquence. Pline parle toujours de Suétone, non seulement avec estime, mais encore avec une véritable tendresse. Celui-ci, sans être confondu dans le commun, était très loin cependant du rang supérieur auquel était parvenu son ami; mais Pline mettait libéralement son crédit à la disposition de Suétone. Il obtint pour lui les fonctions de tribun; puis, voyant qne cette place ne plaisait pas ou ne convenait pas à un homme tranquille et casanier comme sont presque tous les savants, il fit passer cette charge sur la tête de Silvanus, parent de Suétone-. Pline pense même à lui du fond de la province; c'est pendant son gouvernement de Bithynie qu'il demande à Trajan le droit des trois enfants pour celui qu'il appelle « le plus intègre et le plus savant des Romains^ ».
Pline lui rendait encore à l'occasion d'autres services. Enfoncé dans ses parchemins et ses archives, Suétone était peu au courant des choses pratiques de la vie, et s'exposait à faire des maladresses. Il convoitait dans la banlieue de Rome un coin de terre, juste ce qu'il fallait à un homme de son caractère et de ses habitudes, trop petit pour l'occuper sérieusement, assez grand pour l'amuser, un domaine dont il pourrait sans peine fouler tous les sentiers et compter tous les ceps. Mais il avait peur de faire un marché de dupe en payant cette petite campagne trop cher, et de se laisser prendre aux belles paroles du vendeur. C'est