Ep. ad Traj., 9j et
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Pline qui se chargea d'arranger cette affaire au mieux des intérêts de Suétone'.
Il ne perdait d'ailleurs aucune occasion de prouver qu'il s'intéressait à la fortune des gens de lettres; il fut un des premiers à faire connaître les néo-rhéteurs crées aux cercles instruits. C'est vers cette époque, en elfet, qu'on vit paraître à Rome quelques-uns de ces sophistes qui. un peu plus tard, sous Antonin et Marc-Aurèle, vont occuper la scène avec éclat. lMin(>, pendant qu'il était soldat en Syrie, avait entendu le rhéteur Euphrate, et même on peut dire qu'd fut, d'une certaine manière, son disciple. Aussi, quand le sophiste vint à Uonie, Pline eut soin d'annoncer la bonne nouvelle à ses amis-; peut-être avait-il conseillé le voyage d'Euphrate.
C'est vers le même temps que le rhéteur Isée s'établit à Rome. Celui-ci était un converti de la philosophie; longtemps, comme la plupart des sophistes, il avait mené une existence de viveur^; puis, brusquement, il retrancha le luxe de sa table, et l'appareil de sybarite dont il s'était entouré jusque-là, sans qu'on puisse dire avec précision si ce fut un changement de costume, ou un changement de mœurs. Quoi qu'il en soit, il parut renoncer désormais à tout autre amour qu'à celui de la sophistique. Cela devint une véritable passion, du moins à ce qu'on racontait; sa vie entière, ses pensées, ses lectures, tout se rapportait là. Lorsque le moment de parler était venu, et que les auditeurs avaient indiqué au sophiste le sujet de leur choix, cette mémoire prodigieuse, gontlée de citations, de sentences, de descriptions, de portraits, laissait échapper son contenu comme un torrent de feu\ L'auditoire était ébloui de ces gerbes étincelantes, et, à moins d'être bien en garde contre cette éloquence prestigieuse, on pouvait croire qu'il