IMiiloslr., VitiF. i
4. Pliii., Ep., II, 3; Jiiv.. ui, 14 : « Sermo prompius et Isâ^o torrentior. »
V avait du génie, là où il v avait seulement de la facilité, de la souplesse, de la dextérité, une mémoire entretenue et alimentée par un continuel exercice, une association d'idées et de mots qui, par la force de l'habitude, s'enchaînaient avec une sorte de nécessité.
Mais, quand Euphrate et Isée donnèrent à Rome leurs premières leçons, la mode ne s'était pas encore tournée vers ces nouveaux charmeurs, et les déclamations du vieux style, les lectures publiques, les con(!Ours littéraires, les cours des professeurs en vogue leur faisaient une sérieuse concurrence. C'est du moins ce qu'on peut conjecturer des lettres de Pline où il est question d'Euphrate et d'Isée. Elles semblent écrites tout exprès pour faire connaître ces deux sophistes à la bonne société, et engager les Romains à aller les entendre : (( Vous êtes froid et insensible comme un rocher, écrit-il à un ami, si vous ne mettez pas d'empressement à connaître Isée... Venez donc l'entendre. Ne savez-vous pas qu'un habitant de (iadès, frappé de la réputation et de la gloire de Tite Live, vint du fond de sa province pour le voir, et s'en retourna après l'avoir vu? Oui, vous êtes un homme ennemi des belles choses, sans lettres, sans goût, le dernier dos hommes eniin, si vous dédaignez cette curiosité, la plus noble et la plus séduisante, sans contredit'. )> Pline rendait un très grand service à ces étrangers, en appelant sur eux l'attention, et en inspirant aux Romains le désir de connaître ces merveilles d'éloquence, « ne serait-ce que pour avoir le plaisir de dire à ses amis qu'on les connaît ». IMine eut donc cet avantage singulier d'acclimater à Rome, ou au moins d'annoncer cette nouvelle rhétorique qui bientôt allait faire tant de bruit dans le monde'.
Mais ce rôle de protecteur des lettres demandait aussi des services d'un ordre plus vulgaire, surtout dans une