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cette fondation, mais il craignait que la brigue n'abusât contre lui de cette libérabté, et il se contenta d'(tllrir le tiers de la dépense. Tacite l'ut oflicieusement chargé de choisir des professeurs dans les écoles romaines; on créa des bourses communales, pour permettre à des jeunes gens peu fortunés de suivre les cours; enfin, une bibliothèque, exclusivement fondée aux frais de Pline, fut réunie à cet établissement. Pline laissa encore par testament une large dotation pour Tentretien de cette bibliothèque'.
On nous pardoimera d(^ nous être un peu attardé dans cette étude. Pline est un homme si honnête, si aimable, de si bonne compagnie, on l'écoute parler avec tant de plaisir, qu'on est bien excusabh' de s'oublier quelques instants de trop dans sa société. Presque tous les hommes ont au moins un coté désagréable; Pline est parfaitement sympathique à ceux qui l'ont pratiqué. Ses illusions même sur lui et sur les autres sont charmantes; ses petites vanités font sourire à force de bonhouue; s'il croit avec candeur que Trajan a ramené les plus beaux jours de la liberté roniaine, on n'a pas la force de lui savoir mauvais gré de cette erreur naïve de son libéralisme; on admire, sans pouvoir la partager entièrement, sa foi profonde dans la valeur morale de l'humanité. Le règne de Domitien, — avec la cruauté du prince, les hypocrisies et les lâchetés des autres, — avait laissé Tacite assombri et défiant; ces terribles souvenirs ne purent troubler la sérénité de IHine. 11 garda le cœur large et épanoui, cherchant autour de lui des hommes à estimer, et du bien à faire. 11 s'est souvent trompé dans ses bienfaits, mais cette légère défaillance de son jugement ou de son cœur n'ote rien à l'estime que nous devons à une nature si droite. Sa passion pour les lettres l'a sans doute aussi égaré quelquefois. Les sophistes étaient-ils dignes d'être encouragés? Les lectures publiques étaient-elles le meil-
leur moyen de rajeunir la poésie? I>line le Jeune ne devait-il pas recompenser autre chose que les vers intéressés de Martial? Quoi qu'il en soit, il avait pour les lettres un véritable culte, il a dépensé pour elles son temps, son influence, une partie de sa fortune, et c'est tout ce que nous voulons retemr comme conclusion de ce chapitre.