‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 162 sur 345 · Suét., Tih · texte numérisé non relu

Suét., Tih

4. » Quod geniis hominum prceripue appe/c/jot. » (Snét., T///.. *0 )

nom portait Achille, sous ses habits de femme, à la cour de Lycomède ' ? »

C'était l'empereur qui posait ces belles questions. Les grammairiens de la chambrée impériale, avec toute leur souplesse et leur faconde, ne laissaient pas quelquefois d'être emljarrassés pour inventer une solution raisonnable à ces singuliers problèmes. Un certain Séleucus avait cependant trouvé le moyen d'être prêt à tout événement, je veux dire à toute question ; il s'était fait des intelligences parmi les esclaves qui approchaient du maître. On le tenait au courant, jour par jour, dt^^ lectures de Tibère; on lui disait : « L'empereur a lu aujourd'hui ce volume, il a pris des notes sur cet auteur. » Séleucus prévoyait ainsi les questions de la prochaine conférence, et il arrivait triomphant, avec des réponses improvisées d'avance. Tibère fut averti de ce manège ; cette rouerie de courtisan aurait du l'amuser; mais il paraît que, ce jour-là, le prince n'avait pas envie de rire. La ruse du grammairien tourna contre lui, et Séleucus fut chassé de la cour'.

Cependant Tibère savait aussi être indulgent. Pendant le séjour très peu agréable qu'il avait fait à Rhodes, sous Auguste, dans un temps où il était presque disgracié, il avait demandé à voir le grammairien Diogène ; celui-ci lui fit répondre, avec une sorte de mépris, qu'il ne pourrait le recevoir avant sept jours. Plus tard, Tibère étant alors empereur, Diogène vint à Rome, attiré peut-être par la faveur dont les hommc^s de sa profession jouissaient à la cour. Il se présenta au palais pour rendre ses devoirs au prince ; on libella sa demande d'audience : «Qu'on lui dise, répondit Tibère, de repasser dans sept ans '. » Allusion médiocrement spirituelle, mais il faut savoir quelque gré à Tibère de s'être contenté, pour toute vengeance, d'une assez méchante plaisanterie.

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