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La littérature officielle de ce règne est surtout représentée par Yalère Maxime et Yelléius Paterculus. On a souvent parlé, avec une verUieuse colère, du servilisme de ces deux écrivains; nous ne venons pas excuser, mais expliiiuer ce dévergondage d'ineptes adulations.
Valère Maxime, dans ses Dits et faits nithiiorables, loue César, Auguste et Tibère à tout propos, et hors de tout propos. Les transitions les moins naturelles Tamènent brusquement à d'impertinentes réflexions; c'est maladroit, monotone et pédant. Souvent ce parti pris d'enthousiasme touche au grotesque. Quand Séjan est par terre, et qu'on peut sans péril insulter au favori abattu', Valère Maxime déclare « qu'd va se laisser emporter par le mouvement impétueux de son ame, et par la violence de son indignation ». Cette colère sera du reste bien justifiée, si réellement Séjan, « ce monstre plus féroce que les barbares », avait le dessein, comme le prétend Valère Maxime, « d'ensevelir la terre dans des ténèbres sanglantes, et de déchaîner sur Uome des calamités qui feraient pâlir les souvenirs de Cannes et de Pharsale ». xMais heureusement la Providence impériale, qui veille sur le bonheur du monde, avait les yeux ouverts : « L'auteur et l'appui de notre sécurité a su, par une sagesse divine, pourvoir à la conservation de ses inappréciables bienfaits, et les empêcher de s'écrouler avec tout l'univers. Ainsi la paix subsiste, les lois sont en vigueur, les mœurs publiques et particulières n'ont éprouvé aucune altération ; et celui qui, au mépris des engagements de l'amitié, cherchait à bouleverser cet ordre heureux, écrasé avec toute sa race par la puissance du peuple romain, subit encore aux enfers — si toutefois les enfers ont daigné le recevoir — le digne châtiment de sa perversité-. » On dit que Tibère haïssait les flatteurs'^; en vérité, il n'avait pas grand mérite à cela, si