‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 164 sur 345 · Suét.. Tih · texte numérisé non relu

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tous parlaient de lui dans ces termes platement ridicules. Cependant gardons-nous de croire que Valère Maxime fut une ame basse et vile; il ne faisait pas commerce de ses éloges; on ne voit pas qu'il ait voulu, en échange de ses solennelles périodes, acheter les bienfaits du pouvoir. Cette longue morale, qu'il étale dans son gros livre touffu, témoigne avec évidence d'un goût sincère pour les vertus qui avaient fait la grandeur de Rome. Mais, comme c'était un déelamateur, et qu'il admirait sans réserve le régime impérial, sa rhétorique ambitieuse lui suggérait naturellement des flatteries énormes, qui accusent bien plutôt un goût littéraire dépravé qu'un caractère avili. On surprend facilement chez lui les procédés du rhéteur, le cliquetis de mots fait pour amuser l'oreille. Il dira «que Pompée ne pouvait être vaincu, à moins d'être vaincu par César» ; et adleurs : « Drutus fut l'assassin de ses propres vertus, quand il tua le Père de la patrie». » Verrons-nous là de lourdes flatteries à la mémoire de César, et, par contrecoup, à Tibère ? l'n peu sans doute ; mais ce sont bien plus encore, selon nous, des phrases à effet, des figures de style, des antithèses que Valère Maxime a jugées bien belles, et dont il n'a pas voulu se priver.

Velléius Paterculus n'est guère moins rhéteur, et c'est encore, je crois, sur le compte du phraseur qu'il faut mettre une bonne partie de ces adulations qui nous semblent étranges. Lui aussi donne tète baissée dans l'éloge le plus épais. Depuis le moment où la suite de son récit l'amène à parler de Tibère-, la flatterie prend un caractère aigu, intolérable. Mais regardez de près les pages où s'étale ce que l'éloge a de plus extravagant^^ ; cette œuvre, qui a l'apparence d'une narration sérieuse, n'est au fond qu'une déclamation à propos d'iii^toire, un morceau d'éloquence laudative, auquel manqu(; à peine l'appareil extérieur,

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