‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 166 sur 345 · I/jid., 20. — Voy. plus loin, chap. v · texte numérisé non relu

I/jid., 20. — Voy. plus loin, chap. v

ses membres. Il demandait la vie, on lui donna l'empire. C'est ainsi que Claude fit son avènement au pouvoir. 11 avait passé sa jeunesse et son âge mur dans le mépris et l'abandon ; bègue, maladif, timide, sachant à peine se tenir et marcher, riant d'un gros rire hideux, il servait aux amusements de la famille impériale; on cacha dans un coin du palais cette créatin-e incomplète. Cependant, sous Tibère, il se hasarda un jour à demander le consulat ; Tcmpereur répondit à cette requête, d'une manière insultante, en envoyant à Claude quarante pièces d'or pour ses menus plaisirs!

Claude, dédaigné des siens, à peine connu du public, jugé incapable de tout emploi sérieux, utilisa ses loisirs en se livrant à l'étude avec acharnement'. Il avait cette bonne intelligence moyenne, un peu lourde, qui l'ait les érudits de seconde marque. Il connaissait à fond le grec et le latin; ses discours, quand ils étaient préparés, n'étaient pas dépourvus d'élégance. Claude écrivit quelques ouvrages, entre autres un [letit traité sur les jeux de hasard, une apologie de Cicéron, une histoire des règnes de ses prédécesseurs, où il fut aidé par Sulpicius Flavus; il s'aventura même à en lire des extraits dans une séance publique'.

Claude apportait au pouvoir les dispositions les plus conciliantes. Il réclama l'oubli d'un triste passé, annonça qu'il gouvernerait selon l'esprit d'Auguste, et fit d'heureuses réformes; on fut sur le point de le prendre au sérieux. Mais ses femmes et ses affranchis njirent la main sur lui; on disposait à son insu des honneurs et des supplices; il devint cruel presque sans s'en douter, par bêtise, ou plutôt par faiblesse.

Ses goûts littéraires furent du moins pour lui une consolation des ennuis du pouvoir, comme ils l'avaient été àcs

1. « Pcrtinaciter ded'ttus sludlis liberalibus. » (Snét., Chud 40 ^

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