Vita
3. Elle eut lieu vers Tan 159. — La chronologie de Térence est d'ailleurs assez obscure.
bouleversa toutes les idées romaines. Caton surtout n'y pouvait rien comprendre : « Ces hommes-là, disait-il, sont capables de persuader tout ce qu'ils veulent'. » 11 suppliait donc le sénat de connaître au plus tôt de leur affaire, et de renvoyer à leurs écoles ces disputeurs subtils et dangereux. iMais les sénateurs ne se pressaient guère; comme tout le monde, ils étaient sous le charme. Ils désertaient leurs plaisirs ordinaires pour courir aux leçons des trois philosophes, surtout à celles de Carnéade, dont la parole séduisante attirait toujours un auditoire d'élite.
Scipion et Lœlius avaient appris avec une vive satisfaction que les Athéniens avaient choisi pour leurs députés les plus illustres philosophes de ce siècle ^ Ils manquèrent le moins possible leurs conférences; ils allaient d'ailleurs de l'un à l'autre, sans attacher trop d'importance à la diversité des doctrines, avec cette avidité de gens pressés de jouir, et qui ne font pas d'importunes réserves sur leurs plaisirs. Nous savons toutefois que les préférences de Lœlius étaient pour le stoïcien Diogène% et très probablement Scipion penchait aussi de ce côté. Ils écoutaient Carnéade avec plus d'agrément, mais son élégant scepticisme ne les persuadait pas.
Diogène, avant de partir, leur vanta sans doute Panœtius, son disciple favori, l'honneur de son école. Panœtius n'était pas un pédant vulgaire, entêté de ses axiomes et de ses définitions, enfermé dans les limites étroites de sa petite secte, et parlant sur le ton d'un oracle qui annonce à l'univers des vérités nouvelles. Rien de plus largement ouvert que sa doctrine : il citait Aristote, il admirait Platon, et l'appelait u l'Homère des philosophes ». Panœtius avait gardé du stoïcisme sa morale élevée, mais il ne goûtait pas sa casuistique bizarre, et ces disputes qui tournaient sur une pointe d'aiguille. Il approuvait moins encore cet étalage