‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 170 sur 345 · Phar.s\, I, [i'k sqt · texte numérisé non relu

Phar.s\, I, [i'k sqt

Viifiili rnviato in sfiiatoriitm hahiht. » dit un des anriens liio-

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ET LEUns PROTECTELRS A ROME, 223

que pour cette renommée envahissante, enfin que ce succès de vogue était scaiidaleux. L'empereur s'aigrissait tous les jours contre un homme qui recueillait trop d'applaudissements. En effet, ce n'est pas un dissentiment sérieux qui brouilla Néron et Lucain, ce fut une misérable vanité littéraire, motif bien digne d'un prince qui défendait de sortir du théâtre, lorsqu'il faisait à son peuple la grâce de chanter devant lui, d'un poète qui, sur le point de mourir, faisait à son père cette recommandation suprême de corriger certains vers de sa Pliarsale, bien digne enfin d'un temps où Uiiinctius entrait dans la conspiration de Pison, uniquement parce que Néron avait écrit contre lui quelques petits vers satiriques '.

On s'étonne même que Néron ait quelque temps supporté un rival plus habile que lui, et plus goûté du public ; car l'empereur avait assez d'esprit pour ne pas confondre les bravos sincères que soulevait une lecture de Lucain, et les applaudissements de commande qu'on accordait à César, et que la flatterie ou la crainte arrach;ut. En vain le peuple entier, réuni au théâtre commt^ autrefois dans ses comices, consacrait les vers de Néron par un vote solennel de félicitations, et ordonnait qu'ils seraient gravés en lettres d'or dans le temple de Jupiter capitolin-; en vain le prince avait organisé une honnête légion de cinq ou six mille applaudisseurs, qu'on remarquait pour leur bonne tenue de valets corrects, leur épaisse chevelure, leur vigueur et hjur santé \ Ce zèle embrigadé et tarifé ne pouvait suffire à Néron : il voulait des hommages plus spontanés et plus libres; il portait même dans cette jalousie une sorte d'âpre fureur.

On trouve sur ce sujet, dans Suétone, quelques lignes bien expressives, qui éclairent d'un grand jour la rupture de Néron et de Lucain : « On peut à peine croire, dit le bio-

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