‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 171 sur 345 · Suét., Ner · texte numérisé non relu

Suét., Ner

3. Ihid.. 20; cf. 25; Tac, Ann.. xiv, i:i: Dion Ca<>.. r.xi. 20.

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graphe*, avec quelle inquiétude, quelle anxiété, quelle jalousie pour ses rivaux, quelle déiiance des juges, le priurc preujiit part aux concours. Il observait ses adversaires comme s'ils eussent été ses égaux, épiait leurs démarches, les faisait secrètement décrier. Quelquefois il lui échappait dans sa conversation de violentes attaques contre eux; il essayait même de corrompre ceux dont il pouvait redouter la supériorité, et d'acheter leur désistement. Quant aux juges, il leur adressait, avant de connnencer, un respectueux discours : « Il avait fait tout son possible » pour leur plaire et gagner leur suffrage, mais le succès » était aux mains de l'aveugle fortune, etc. »

Il est vrai qu'il s'agit ici d'un concours musical; mais Néron portait évidemment les mêmes dispositions étroitement jalouses dans la poursuite des succès littéraires. Imaginons donc une de ces séances de récitation, où assistait ce que Rome avait de plus lettré ou de plus grand par la naissance. César, déjà un peu irrité contre Lucain, entre dans la salle, et bientôt le célèbre poète, qui doit lire ce jour-là, développe lentement son uianuscrit. Lucain commence, les applaudissements éclatent. Mais quoi donc? le prince montre de Timpatience! Lucain a-t-il onbHé, ou volontairement omis la flatterie obligatoire à César, qui doit faire pardonner le succès? ou bien, ce jour-là, y a-t-il dans sa lecture une allusion perfide à des temps plus heureux? ou bien Néron est-il d'une humeur plus sombre que d'habitude? .le ne sais, mais tout à coup César s'est levé, il a fait signe à ses affranchis, et a quitté brusquement l'assemblée, donnant comme prétexte qu'il va convoquer le sénat pour une affaire pressante.

A partir de ce moment, l'empereur ne prit plus la peine de dissimuler son dépit, et voua une haine mortelle au poète. Lucain, naturellement fier, se vengea par un pamphlet, et par des plaisanteries si téméraires, qu'on s'éloi-

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