‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 172 sur 345 · Snét.. AV · texte numérisé non relu

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gnait bien vite, pour ne pas courir le danger de les avoir entendues.

Comment Néron tolérait-il un seul jour ces insolences*^ Cela semble mexplicable au premier abord. Mais il faut se rappeler que, méuie sous xXéron, on supportait quelquefois une grande liberté de parole, quand les nouvelles politiques étaient mauvaises, que le prince sentait le trône trembler sous lui, et qu'il croyait nécessaire déménager

opnuon . Lucain profita quelque temps de cette tolérance.

Mais, SI Néron n'osait pas encore le tuer, il trouva le moven

jh^pumr Lucam d'une manière qui fut très sensible à\m

n>ni"ie accoutumé aux succès de l'opinion; il lui ferma

I accès du barreau, et lui défendit même de lire ses vers dans les lectures publiques, « étouffant ainsi, dit le biographe de Lucain, la renommée de ses ouvrages^ » Ce dernier coup était le plus terrible. Lucain ne garda plus de mesure, et alla jusqu'aux derniers excès de l'imprudence.

II avait toujours la bouche pleine de menaces, disait publiquement que c'était une grande gloire de tuer les tvrans, et offrait au premier venu, par manière de bravade, la tète de César.

Lucain avait encore un autre moyen de se venger de Néron. II sYHait remis à la composition de sa Pharsale et cet ouvrage, commencé sous les auspices du prince' s achevait comme une protestation contre l'empire Nous avons dit que, dans les premiers livres, on rencontrait rarement des allusions à la tyrannie des Césars; on pouvait a ailleurs les regarder comme une nécessité du sujet. Dans les derniers livres, elles se multiplient, et deviennent plus après et plus audacieuses. Dans l'inconséquence de sa haine Lucain oublie que la première page de son poème est une

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