‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 177 sur 345 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Domitien et ses poètes,

Avonoinent des Flaviciis. Vcspasicii aime et protège l».'s gens de lettres. Pline TAneien, Josèphe, Saléins Dassus. etc. — L(! rè<,Mie de Domitien. Eneoniagements aux éeiivains (jui consentent à cout'her la tète, et à flatter l'épaisse vanité du princr. Coup d'œil sm- la littérature otticielle. La nécf'ssité et la convenance arrachent même à des écrivains assez indépendants, comme Frontin et Quintilien, des compliments (|uils ne peuvent esquiver. — Martial et Domitien. Ce qu'on peut dire pour la défense ou l'excuse de Martial. Tableau des llatleries de Martial à Domitien ; !« Jeux publics; le livre des Spectacles. 2° Eloges ein|>lialiques des monuments bâtis pai' Domitien. 3° Le dieu César; le prince comparé et j>réléré à .Jupiter. 4"> Éarinus; rentourage de César. 5o Vertus privées et pul)Iiques de Domitien; le témoignage de Martial rapproché de celui des autres contemporains. 6» Gm-rres •'xtéricures; Martial célèbre comme de grand«'s victoires les équivoques et maigres succès de Donntien. Retour et triomphe du prince. 7<» Supplications de Martial; pour Jui, demander, c'est encore Jlatler. — Stace et Domitien.

Avec Néron s'éteignit la maison des Césars. Pendant près de deux ans, la puissance fut disputée entre les bandes prétoriennes, poussant l'un sur l'autre des fantômes d'etnpereurs. Enfin le pouvoir parut s'affermir, en se fixant chez les Flaviens.

Ce qui frappe tout de suite dans le gouvernement de Yespasicii, c'est la simplicité familièi^e et sans façon du nouveau prince. Néron s'était entouré d'un faste prodigieux ; Vcspasien^ au contraire, porta sur le troue les modestes habitudes d'un bon bourgeois provincial. Peu de luxe au palais, moins d'étiquette encore. Dans l'administration, l'ordre, l'exactitude, une rigoureuse économie. Ces vertus estimables, mais un peu communes, ont fait quelque

tort au prestige de ce règne '. Les Romains trouvaient cela peu aristocratique, et, jusque dans la famille impériale, on se moquait d une rapacité qui faisait argent de tout, bien que l'empereur sut couvrir par d'ingénieuses plaisanteries ses expédients financiers les plus risqués -.

Cependant, cette légende d'avarice est loin d'être justifiée. Vespasien, qui regrettait un as gaspillé sans raison, savait largement dépenser pour la gloire de IVmpire. Sans citer ici tous ses grands travaux d'utilité publique, rappelons seulement qu'il bâtit b; Colysée et l'Arc de Titus, que des villes tout entières furent relevées aux frais du trésor. Suétone convient qu'il faisait un généreux emploi de ce qu'il avait acquis par des moyens un peu étranges, et que sa libéralité s'étendait sur tout le monde '.

La littérature ne fut pas oubliée. Vespasien d'ailleurs aimait les lettres, bien qu'il ne semble pas les avoir cultivées lui-même. Sa conversation était semée de citations beurenses; il parlait en grec et en latin avec une facilité élégante, et faisait reprendre sous ses yeux d'anciennes comédies \ (.luintilien conq)ta presque parmi les puissances de ce règne; Tline l'Ancien entra dans le conseil intime du prince. Josèphe fut accueilli à Rome avec une extrême faveur, reçut une pension, fut logé dans un palais, et prit par reconnaissance le prénom de Flavius \

Il est même curieux que Suétone, pour nous apprendre que Vespasien protégeait les gens de lettres avec empressement, ait retrouvé à peu près la formule déjà employée quand il s'agissîiit d'Auguste ^ L'empereur ne cr(»yait pas, en effet, mal placer les deniers publics, en donnant aux meilleurs poètes de son temps. Croira-t-on que ce prince,

1. «' Quasi majrstas ijuxddin principi flrcrat. » (Suét., Vrsf)., 7 )

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