Mari., viii
„.,*i'. m""" T, I"'^''';'"''"" !'••" 'IMilIPi"'^ que oe tilrc soit de Martial lui-mémomais il rend l„eii fesprit de celte lliu-ralure de cour.
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Martial. Yoilà bien Tétiquette qui convient à ce règne. Un sénateur ne pouvait donner son avis sur la plus petite alïaire, par exemple sur Finstitution d'un collège d'ouvriers, sans y joindre une digression sur les vertus du prince; les arcs de triomphe et les frontispices des temples n'étaient pas assez larges pour y inscrire la liste de ses victoires ; il donna aux mois de septembre et d'octobre les noms de (icnnaiiiciis et de Domitlanus. Domitien ne dédaignait pas même les hommages les plus ignobles du théâtre ; des histrions, des pantomimes s'emparaient de son nom, pour le livrrr aux applaudissements imbéciles de la uuiltitude; on dansait, pour ainsi dire, son éloge; « des voix, des airs, des gestes eftëminés, le pliaient à toutes les formes d'une avilissante bouironncrie'. »
Que dirons-nous de ces fêtes littéraires présidées par l'empereur lui-même? C'étaient des invitations, des provocations directes à la flatterie . Quelquefois l'éloge du prince était le sujet choisi par le poète-, sujet usé, mais éternellement rajeuni par les concurrents. Plus souvent sans doute, cet éloge était mêlé à un ouvrage, où rien ne semblait l'appeler; mais le préambule, un épisode, une digression permettaient à l'écrivain de verser devant l'idole les sentiments d'amour et de religieuse vénération qui débordaient de son ame.
Nous avons peu de renseignements sur Carus, Collinus, Yalérius IHidens^ Scîcvus Mémor, et les autres poètes qui prirent part à ces concours '. Mais comment douter que ces honnnes, la plupart amis de Martial, vivant dans les mêmes cercles que lui, aient payé au moins de quelques tirades en l'honneur de César l'avantage de lire leurs vers devant lui?
>[artial nomme toute une légion de poètes contempo-