IV, 8; V
4. IX, 80. — Voy. aussi les épigrammes de Martial sur le platane de César,
Si nous ne connaissions que par Martial le gouvernement de Domitien, il serait dilTicile en effet de ne pas croire que toutes les vertus privées et publiques sont arrivées avec lui au pouvoir. La conservation du prince est, aux yeux de Martial, la preuve la plus concluante de la bonté et de la providence des dieux. 11 déclare gravement que le huitième livre de ses épigrammes est celui qui lui a le moins coûté, parce qu'il est tout rempli de Téloge du prince; l'abondance de la matière a soutenu le poète ^ Mais nous avons d'autres témoins de ce règne ; si on rapproche leurs accusations des louanges de Martial, il en résulte un assez singulier dialogue : a Sa lubricité était hideuse, dit Suétone. — 0 pudice princcps! répond Martial. — Nos ancêtres, dit Tacite, ont coium ce qu'il y avait d'extrême dans la liberté; nous avons connu ce qu'il y a d'extrême dans la servitude. — Sous quel prince la liberté fut-elle plus grande? — Ce iNéron chauve a été le bourreau de l'univers. — César est la gloire et la sécurité du monde. — Le monstre avait entouré le palais d'un rempart de terreur; les portes en étaient gardées par la crainte et la menace. — Reviens parmi nous. César; rend^nous celui que réclament nos souhaits. — Il devint odieux et redoutable à tout le monde ; après sa mort, le sénat déchira sa mémoire par les insultes les plus sanglantes. — Jamais prince ne fut plus cher à Rome; elle ne pourrait rainuîr davantage, quand même elle le voudrait". »
Martial raconte avec la même bonne foi l'histoire extérieure de l'empire. Domitien, qui avait passé sa triste jeunesse à jalouser les succès militaires de Yespasien et de
le lion et les cygnes de César, la cuirasse de César, cette « lieiirciise cuirasse, qui touche une poitrine sacrée, et s'échaulVe de la chaleur d'un dieu! » (ix, 02; I, 7, 15, 23 et il); viii, 26; vu, 1 et 2.)