Cic, De Fin., ii, P
eut dans son auditoire tout ce qu'il y avait de plus grand parmi les orateurs, les jurisconsultes, les magistrats, et en particulier FanniusS gendre de Lœlius, encore très jeune à cette époque, mais qui fut plus tard un des orateurs les plus écoutés de Rome.
Cependant le temps des honneurs était venu pour Scipion. En i 51, il lut élu questeur ; deux ans plus tard, nous le retrouvons tribun dans cette armée que Home envoyait en Afrique pour détruire Carthage. Mais l'expédition, d abord conduite avec mollesse, traînait en longueur, etles Romains en étaient presque réduits à se défendre dans leur camp. Kn Ralie, tous les hommes clairvoyants disaient qu'il fallait se hâter de donner à l'armée d'Afrique un chef populaire, dans lequel elle eût confiance. Scipion briguait cette annéelà l'édilité; on le nomma consul, et bientôt, sous ce chef énergique, les choses changèrent de face. Nous n'avons pas à raconter ici cette expédition mémorable, qui se termina parla prise de Carthage.
En partant pour l'Afrique, Scipion n'avait pas voulu se séparer de PaucPtius. Polybe vient un peu plus tard les rejoindre devant Carthage '. Voici comment cela eut lieu. On avait proposé à l'assemblée du Sénat de renvoyer enfin dans leur pays ce qui restait encore des otages achéens. Caton ne manqua pas cette dernière occasion de faire éclater son mépris pour cette race détestée des Grecs : « Allonsnous perdre une journée, dit-il au Sénat, à discuter la pétition de quelques Achéens décrépits? Il importe h'un, en vérité, de savoir s'ils seront portés en terre par des fossoyeurs romains, ou par des fossoyeurs grecs'! » Le renvoi des otages fut cependant décidé. Polybe revit sa patrie après seize ans d'absence ; mais il retrouva les Crées, après tant d'expériences de leur incurable faiblesse, aussi vains, aussi présomptueux qu'il les avait laissés, et prêts à