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de le reléguer dans la valetaille des amuseurs. Et cependant, lui aussi, cet homme qu'on accueille dans les premières maisons de la ville comme un ami respecté, perd tout à coup le sentiment de la mesure et de la pudeur, dès qu'il parle de Domitien. Comment expliquer cette contradiction? Est-ce, comme on l'a dit, mauvais conseils de la misère ? Nous ne le croyons pas ; Stace, avec une raisonnable aisance, une vie régulière et des besoins modestes, n'a pas comm les angoisses du prodigue et imprévoyant Martial. Il serait peut-être plus simple de dire qu'il y a des temps où il est presque impossible, même à un homme d'honneur, d'approcher d'une cour avilie par une longue habitude de l'asservissement, sans en prendre l'esprit et le langage. Le malheur de Stace le conduisit très jeune à la cour des Césars. Il y fut retenu par la gloriole littéraire et par l'approbation du prince. Ses victoires aux jeux albains, remportées sous les yeux de l'empereur ^ achevèrent de le griser; il parla de Domitien comme en parlaient, comme devaient en parler tous ceux qui l'approchaient. Jl glissa ainsi jusqu'aux formules obligées de la plus plate adulation.
Faut-il, après les pages où nous avons raconté les flatteries de Martial, recommencer cette revue avec Stace? A quoi bon? Nous retrouverions les équivoques succès de Domitien transformés en magnifiques triomphes ; le Jupiter du palais serait encore préféré à celui de l'Olympe ; une silve sur la mort du lion de Domitien nous rappellerait dix pièces analogues de Martial. Stace n'a pas manqué à son tour de vanter les vertus et la clémence du prince! Il a même, pour son compte, rencontré un trait ingénieux qui a dû faire rire un peu Domitien ; il a dit gravement que le prince abolirait la mort, si cela était possible ! Stace aussi a chanté la statue colossale du prince, cette statue qui fait gémir la