Pline, Pan. Traj., 44; etc
rendirent aux lettres Tindépendance ; on leur sut gré de ce premier service; ce gouvernement honnête, qui conciliait deux choses dont l'accord avait jusqu'alors paru presque impossible, l'exercice du pouvoir et la liberté', fut accueilli à Rome, surtout par la classe élevée, avec une joie incroyable-. La poussée de l'opinion fut tellement forte, que les écrivains même qui avaient vécu du dernier rèsne se crurent obligés décenmient d'en dire un peu de mar\ Pline le Jeune, si doux, si modéré, si incapable d'une vulgaire rancune, a rendu avec énergie la vivacité du sentiment général : « Ne disons riun comme autrefois, car les maux d'autrefois ne pèsent plus sur nous. La terreur, la crainte, une prudence trop justifiée par le danger nous avertissaient de détourner de la vie publique nos yeux, nos oreilles, nos pensées. Aujourd'hui entin, ce n'est plus être avisé que de couler ses jours dans une timide obscurité. La liberté nous est rendue, même celle de faire le procès aux mauvais princes. On écrit plus volontiers, depuis qu'on écrit librement ; et nous voyons renaître ces nobles études, que l'oppression avait presque étouirées'\ »
Nous nous tairons sur le règne de Ncrva. Esprit cultivé, poète mondain, loué par Martial, excusé par Pline pour ses vers légers', Nerva arrivait au pouvoir, sans aucun doute, avec la volonté d'être favorable à la littérature; mais son gouvernement de seize mois, d'ailleurs assez troublé, et plein d'affaires autrement sérieuses, ne lui permit guère de s'occuper des lettres. Il eut cependant le temps de rappeler les philosophes bannis par Domitien.
Trajan est le premier empereur dont la formation littéraire ait été médiocre. C'était un homme sans lecture, de petite instruction. Ouoiqu'il etit fait quelque effort pour