‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 201 sur 345 · Philostr., Vit. Soph., i, 2G · texte numérisé non relu

Philostr., Vit. Soph., i, 2G

3. A.-Ge)l., XIX, 10. Cf. iv, 1; vi, 16; vu, 17; viii, 10; xiv, 5.

lionnaires, de grands personnages attendaient, dans le vestibule du palais, la « salutation de César », un grammairien dissertait gravement sur les flexions des mots, avec une assurance hautaine et un air inspiré, comme s'il eût interprété les oracles sibyllins. Un philosophe s'approche, se mêle doucement à la discussion, prend la parole à son tour, et fait fléchir cette puérile conférence vers une leçon de morale pratique ' .

Dans cette foule savante, Hadrien était parfaitement à son aise, capable de comprendre tout problème, et, au besoin, de le résoudre. Il serait curieux de restituer une de ces réceptions charmantes, où l'empereur vieillissant, dans ses jours de bonne humeur, accueillait à Tibur tout ce qui savait écrire ou parler ; fin, un peu railleur^ posant une question pour avoir le plaisir d'y répondre lui-même, poussant à la dispute, prêt à tenir tète à qui que ce fut, en vers ou en prose, en grec ou en latin; au demeurant, aimable, familier, bon compagnon, pardonnant une épigramme et une riposte un peu vive.

Mais il paraît malheureusement certain que l'empereur n'était pas toujours d'un commerce aussi facile. Son historien nous le représente comme un homme énigmatique, bizarre, fait de contrastes, enjoué et chagrin, prodigue et avare, débonnaire et cruel, toujours inégal à lui-même-. On trouvait dans son caractère, à coté de qualités réellement supérieures, des parties étroites et mesquines; en général, on l'aimait peu ; il éloignait la confiance ; le peuple le détestait. Jaloux, léger, colère, lladri^'u était dangereux à son entourage; il ouvrait l'oreille au moindre soupçon, même contre ses meilleurs amis, se laissait facilement prévenir contre eux, et allait jusqu'à se ménager des intelligences auprès de leurs femmes, pour faire surveiller leurs propos. Il passait pour eux de l'engouement aveugle à la plus injuste défaveur, et, après les avoir accablés de grâces et de pen-

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