Spart., JElius Ver
jusqu'à le poursuivre de ses insultes et de ses moqueries dans un pamphlet*.
Hadrien fit beaucoup pour la littérature ; de tous les empereurs, c'est la remarque d'un ancien, on n'en vit pas déplus disposé à encourager le mérite de l'esprit- ; il eut une grande part dans cette espèce de renaissance qui signale le second siècle. Mais, comme on vient de le voir, Hadrien fut souvent pour les gens de lettres un protecteur, un patron, un maître désagréable.
Dans le tableau littéraire de son règne, on est frappé de la place considérable déjà que les rhéteurs grecs, sous le nom de sophistes, occupent dans le monde ; c'est, en effet, une puissance toute nouvelle qui fait son avènement. La néo-sophistique joue un rôle si important sous les Antonins,tous les empereurs, sans exception, la traitent avec tant de considération, qu'il est indispensable, avant d'aller plus loin, d'en dire ici quelque chose.
Les antécédents et les causes de cette grande révolution littéraire sont très mal connus. H est certain que la prépondérance de la langue grecque, la longue paix intérieure de l'empire, la sécurité et la facilité des voyages, la pénétration mutuelle de toutes les provinces sous l'administration romaine, furent favorables aux tournées oratoires des sophistes, et à l'aflluence des élèves autour des maîtres célèbres. Mais cela ne fait pas comprendre comment on voit brusquement apparaître un art qui semble ne se rattacher à rien dans le passé ; car il n'y a aucune comparaison possible entre les pauvres rhéteurs des deux ou trois siècles précédents, et ces sophistes fameux qui sont peut-être les hommes les plus en vue du siècle des Antonins.
Quoi qu'il en soit des origines et de la filiation de la néosophistique, son existence est signalée vers la fin du premier siècle. Dion Chrysostome, moitié sophiste et moitié phi-
{, A. Vict., L>i7., i4; Spart., Hadr., lo et 16; Philoslr., Vit. Soph., i, 8; D. Cass., Lxix, 3.