Philoslr., Vit. Soph., i
losophe, était déjà venu à Rome sous les Flaviens; Scopélianus parut à peu près dans le même temps. Sous Trajan, Pline le Jeune annonce à ses amis, comme une curiosité piquante qui variera leurs plaisirs littéraires, l'arrivée d'un sophiste. Etonnante facilité de parole, recherche de l'atticisme, talent d'improviser sur le premier sujet venu, et de plaider le pour ou le contre à la volonté de l'auditoire, Isée a déjà tout ce qui fait le sophiste accompli V
Cette nouveauté est à peine remarquée, qu'on voit à la fois à Rome, à Athènes, à Smyrne, à Éphèse, et dans tous les foyers littéraires de l'Orient, une muHitude de sophistes. La liste déjà si longue de Philostrate n'est cependant qu'un choix parmi des centaines d'autres rhéteurs qui, avec un moindre succès, ou sur un théâtre plus modeste, jouèrent aussi leur personnage". La sophistique se propageait, pour ainsi dire, par bourgeonnement. Un maître en renom formait d'autres rhéteurs, qui faisaient souche à leur tour; parmi les cent disciples inscrits et payants de Chrestus, plusieurs entrèrent dans la même profession ; les disciples d'un sophiste fameux, en se dispersant de toutes parts, et en portant sa renommée jusqu'au fond des provinces, suscitaient des vocations nouvelles ^ Après Septime- Sévère, les renseignements sont plus rares; mais il est certain que la sophistique, en gardant à peu près le même caractère, continua jusqu'à Libanius, au quatrième siècle, à remplir les chaires municipales ; sans compter les sophistes circulateiirs, — le mot est officiel*, — qui, d'une humeur plus indépendante, ou éloignés d'un enseignement régulier par l'intrigue de leurs rivaux, s'en allaient de ville en ville donner des représentations oratoires.
Quelques sophistes n'improvisaient pas : «Nous sommes, disaient-ils pour excuser cette impuissance, de ceux qui