‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 211 sur 345 · Capit., .1/1^ Pins, 2 et 11; .EL Ver · texte numérisé non relu

Capit., .1/1^ Pins, 2 et 11; .EL Ver

à son prédécesseur. L'administration d'Hadrien eut plus d'éclat : ces longs et solennels voyages à travers l'empire, ces prodigalités magnifiques, cette retraite grandiose de Tibur, qui contenait en abrégé, disait-on, les merveilles de la nature et du travail de l'homme, tout cela frappait l'imagination de la foule. Antonin, doux, sage, pieux, modeste, pacifique, d'un abord facile à tous, d'un commerce égal et agréable, appliqué aux moindres détails des affaires, très économe des deniers publics, gouverna l'empire, de son domaine de Lorium, « comme un père commun des hommes')). Avec lui, l'administration semble s'attendrir, se détendre de sa rigueur, et prendre le caractère d'un régime affectueux et débonnaire. L'image de l'empereur est dans beaucoup d'oratoires domestiques, avec celle des parents et des dieux familiers. Antonin fut aimé et populaire, au point que son nom resta après sa mort, pendant près d'un siècle, un programme de bon gouvernement; prendre ce nom vénéré, c'était s'engager d'avance à travailler pour le bonheur de l'empire.

Avec un prince aussi raisonnable, il ne fallait pas s'attendre aux engouements d'Hadrien. Il y a là-dessus un mot bien expressif de Marc-Aurèle : « Antonin, dit-il, n'était ni un pédant, ni un sophiste; il honorait les vrais philosophes, mais ne s'en laissait pas imposer par eux-. » Hadrien, paraît-il, avait abusé des pensions, et ces folies faisaient murmurer le public ; les gens de lettres en avaient eu leur bonne part. Antonin diminua ces largesses, comme peu justifiées par les services rendus \ 11 trouva excessives les exigences du stoïcien Apollonius, qu'il avait fait venir de Chalcis, pour enseigner la philosophie à Marc- Aurèle, et qui était accouru à Home, avec ses disciples,

1. Pausan., viir, 4. — Voy. une curieuse lettre de Fronton, où il compare Hadrien et Antonin, et les sentiments tout dillérents que laissait leur abord. [Ad Marc. Aur. Cœs.., ii, 4.)

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