‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 212 sur 345 · Capit., Ant. Plus · texte numérisé non relu

Capit., Ant. Plus

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comme à la conquête de la Toison d'or. Antonin semble d'ailleurs insinuer dans une de ses constitutions, avec une malignité discrète, que cette apreté n'était pas rare chez des hommes qui faisaient profession de mépriser l'argent*. Knfm, il répondit un jour, avec une ironie très dure, à ce sophiste qui se plaignait insolemment de n'être pas remarqué : « Mais je te connais fort bien ; tu es cet homme, je le sais, qui cultive avec tant de soin ses dents, ses cheveux et ses ongles* ! »

Tous ces petits traits épars semblent fixer assez bien la politique d'Antonin. Il voukit en finir avec le littérarisme désordonné du règne précédent, et ne laisser aux écrivains, aux philosophes et aux rhéteurs que la juste place qui doit leur revenir dans un Ktat bien administré. Les charlatans surtout ne pouvaient pas lui plaire. Un poète fit un acrostiche sur le nom du prince^; il n'y a pas apparence que ces pauvres industries eussent la moindre chance de succès. Cependant, sans donner dans le dilettantisme bizarre d'IIadrien, Antonin fit beaucoup pour les lettres, surtout pour l'enseignement public, qu'il étendit à toutes les provinces de l'empire ; c'est lui, probablement, qui créa les premières chaires de philosophie ^

Les hommes de lettres les plus en vue du règne d'Antonin furent certainement les nombreux professeurs de Marc- Aurèle et de Lucius Yérus. On appela de tous côtés les maîtres les plus habiles : juristes, rhéteurs et grammairiens des deux langues, philosophes des principales écoles \

1. Capit., Ant. Plus, 10; Luc, Dem., 31. Cf. Capit., Ant. Phil., 2 et 3; D. Cass., Lxxi, 35; M.-Aur., i, 8.; Fruiil., ad M. Aur. Cœs., v, 36; Dig.^ L. xxviii, ï. I, 6, § 7.

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