Philosophe stoïcien, du troisième siècle avant notre ère
4. Fronton avait probablement indiqué à Marc-Aurèle quelque travail sur un des vieux poètes comiques de Rome.
synonymes, de faire un choix de belles expressions, d'obtenir des effets élégants avec des mots vulgaires, de polir une image, de façonner une figure, de donner au style une légère teinture d'antiquité. L'ennuyeuse chose que votre philosophie, vos sorites, vos arguments bizarres, et votre dialectique entortillée! Vous dites que l'essentiel est de combattre l'épée à la main; mais importe-t-il peu que la lame en soit pure et brillante, ou salie par la rouille? » Marc- Aurèle, touché d'un délicat scrupule de conscience, avait fait à son ancien maître cette objection : « Quand j'ai bien parlé, je me plais à moi-même, et c'est pour cela que je fuis l'éloquence. » Fronton, un peu impatienté de ce médiocre raisonnement, lui répond : « Mais alors, corrigezvous du définit de vous plaire à vous-même ! Si vous êtes content de vous, pour avoir jugé selon la justice, renoncerez-vous pour cela à être juste ^? » Nous savons l'issue de ce combat. Marc-Aurèle était gagné au stoïcisme, et de jour en jour les mots avaient moins de prise sur cette ame militante. Il a lui-même écrit le résultat définitif de la lutte dans une ligne de ses Pensées : a Je dois à Rusticus d'être enfin resté étranger à la rhétorique, à la poétique, à toute recherche d'élégance dans le style, et d'écrire mes lettres simplement\)) Marc-Aurèle continua d'aimer Fronton avec une profonde tendresse ; il cessa peu à peu de goûter sa rhétorique.
Mais élargissons la question. Avant d'examiner l'influence que les philosophes ont prise sur l'esprit de Marc- Aurèle, et le rôle important qu'ils ont joué sous son règne, il est bon de savoir comment on concevait, au second siècle, les rapports entre les deux grandes puissances de ce temps, la rhétorique et la philosophie.
En principe, cela est incontestable, rien de plus difTérent qu'un philosophe et un rhéteur. Ce sont deux enseignements